Le marché se réjouit d'une entrée de l'Etat italien au capital de Monte dei Paschi di Siena

le 21/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'action MPS s'apprécie fortement depuis une semaine. Les analystes parient sur l'incapacité de la banque à honorer ses dettes

Alors que les banques italiennes souffrent de la méfiance des marchés depuis la crise de la zone euro, Monte dei Paschi di Siena (MPS) a les faveurs de la Bourse ces derniers temps. Après s’être apprécié de 17,6% vendredi, le titre a de nouveau bondi de 16,9% hier en séance, pour finalement la clore en hausse de 5,1% à 0,227 euro après avoir été suspendu à la hausse. En une semaine, le titre s’est apprécié de plus de 27%.

Cette brusque remontée est paradoxalement liée au fait que les investisseurs anticipent des pertes annuelles pour celle que l’on qualifie souvent de plus vieille banque du monde.

MPS souffrant, comme ses consœurs, d’une pénurie de fonds propres depuis la crise financière, le gouvernement s’est engagé fin juin à lui prêter jusqu’à deux milliards d’euros sous forme de dette hybride, ainsi que le refinancement des 1,9 milliard d’euros d’obligations dites «Tremonti» émises en 2009 déjà pour le compte de l’Etat. Ce dernier se retrouve donc exposé à hauteur de 3,9 milliards d’euros à la banque de Sienne. Or, il est prévu que si MPS devait afficher une perte à la fin de l’année, elle devrait substituer au versement des intérêts de la dette un paiement en actions.

Il se trouve que, forts d’éléments déjà communiqués par MPS, le marché anticipe déjà de très lourdes pertes au deuxième trimestre, alors que la banque publiera ses résultats le 28 août prochain. Ainsi, rapporte Bloomberg, Kepler Capital Markets et CA Cheuvreux estiment que le troisième établissement d’Italie affichera une perte supérieure au milliard d’euros au 30 juin du fait de dépréciations.

En effet, l’établissement avait fait savoir en juin dernier qu’il allait passer en revue ses écarts d’acquisition (goodwill), ce processus devant déboucher sur de lourdes dépréciations de survaleurs au premier semestre. MPS n’en finit pas de payer le fait d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre en acquérant en prix fort, pour neuf milliards d’euros, sa rivale Antonveneta en 2007, un an avant la faillite de Lehman Brothers et l’éclatement au grand jour de la crise financière.

Le goodwill résiduel de MPS atteint environ 2,2 milliards d’euros, après que la banque l’a déprécié une première fois de 4,25 milliards en 2011. Cette décision avait conduit l’établissement à afficher une perte de cinq milliards d’euros l’année dernière. D’autre part, la rallonge accordée par l’Etat italien va substantiellement accroître les frais financiers dû par MPS.

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