Bankia parvient à se délester de 800 millions d’euros de crédits douteux

le 26/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque espagnole a cédé à deux fonds un portefeuille de prêts totalement provisionnés. Elle veut réduire de 30 milliards d'euros ses actifs toxiques

Il n'y a pas que de mauvaises nouvelles du côté de Bankia. La banque espagnole qui a fait l’objet d’un sauvetage sans précédent en mai dernier, a annoncé mercredi la cession d'un portefeuille de crédits douteux d'une valeur nominale de 800 millions d'euros aux fonds Aktiv Kapital et Oko Investments. En mars dernier, l’établissement avait mis aux enchères un portefeuille d’environ «127.000 crédits d’une ancienneté moyenne de cinq ans», constitué à 80% de crédits aux particuliers, précise Bankia dans un communiqué.

Avec cette transaction baptisée Opération Hispania, Bankia se débarasse de crédits douteux sans garantie et cède au fonds d’investissement norvégien Aktiv Kapital les crédits à la consommation destinés aux particuliers et au fonds luxembourgeois Oko Investments les crédits aux petites et moyennes entreprises. Selon José Ignacio Atance, analyste du cabinet de conseil spécialisé dans le secteur financier Cumbria FSC, ces fonds «ont évalué via une due diligence des comptes leur perspective de récupération de ces crédits en utilisant des techniques plus aggressives et plus économiques» et ont ainsi établi un prix inférieur à ce qu’ils espèrent récupérer dans le futur. Mais pour le moment, on ne connait pas encore «ni les conditions ni le prix de vente» de cette opération, et donc la décote appliquée au portefeuille.

La vente se traduira malgré tout par un bénéfice pour Bankia, car «ces actifs sont complètement provisionnés contre les pertes». Avec cette opération, Bankia «améliore son ratio de solvabilité et nettoie son bilan d’actifs toxiques», souligne José Ignacio Atance.

Cette opération s’inscrit «dans le cadre d’un plan de cession d’actifs non stratégiques» par lequel la banque s’est fixé pour objectif de «réduire de moitié ces actifs (toxiques), pour les ramener à 30 milliards d’euros», précise le communiqué de Bankia. Le but est clair: croulant sous le poids d’actifs non productifs estimés à plus de 60 milliards d’euros, l’établissement cherche à assainir son bilan et à améliorer d’ici trois ans ses résultats, tel que l’avait annoncé son nouveau président Jose Ignacio Goirigolzarri lors de la dernière assemblée générale des actionnaires. Ce ne sera pas une tâche facile car l’établissement a annoncé en mai dernier des pertes d’un montant de 3,3 milliards d’euros.

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