Monte dei Paschi décroche un coûteux soutien étatique

le 27/06/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Italie injectera 2 milliards d'euros de plus au capital de la banque, dont une bonne partie des bénéfices sera consacrée au paiement des intérêts

Rome prend la mesure du dossier Monte dei Paschi di Siena (MPS). Le conseil des ministres a approuvé hier des mesures d’urgence pour recapitaliser la troisième banque italienne par le total de bilan.

L’Italie s’est engagée à injecter jusqu’à 2 milliards d’euros sous forme d’instruments hybrides similaires aux 1,9 milliard d’euros d’obligations Tremonti – du nom de l’ancien ministre de l’Economie – que l’Etat détient déjà depuis 2009 chez MPS. Pour l’occasion, cette première tranche de titres sera remboursée et remplacée par 1,9 milliard d’euros de nouveaux instruments.

A l’issue de ce deuxième plan, l’exposition de l’Etat atteindra donc jusqu’à 3,9 milliards. Soit 1,6 fois la capitalisation boursière de l’établissement. Le coût des nouveaux titres n’est pas précisé, mais celui des obligations Tremonti s’élevait à 8,5%, non déductible. La banque pouvait cependant sauter le versement du coupon si elle ne payait pas de dividendes, ce qui a été le cas en 2011, année de lourdes pertes liées à des dépréciations de survaleurs. A 8,5%, MPS verserait jusqu’à 330 millions d’euros par an à l’Etat pour son soutien. «Le consensus prévoit actuellement 600 millions d’euros de bénéfices pour 2014», rappelait hier CA Cheuvreux avant l’annonce du gouvernement. La perspective d’une nette baisse du bénéfice par action a entraîné hier un repli de 5,3% du titre MPS.

La rallonge de 2 milliards a été dimensionnée pour parer à toute éventualité. La Banque d’Italie estime les besoins réels de recapitalisation de MPS «entre 1,3 et 1,7 milliard», indique Rome. Cette fourchette doit suffire au groupe pour atteindre au 30 juin le ratio de fonds propres durs (core tier one) de 9% imposé fin 2011 par l’Autorité bancaire européenne (EBA) au principaux prêteurs de la région.

A l’origine, l’EBA avait évalué à 3,27 milliards d’euros le déficit en capital de Monte dei Paschi, uniquement en raison de son exposition à la dette souveraine de l’Italie, qui atteint 26 milliards d’euros. Pour combler une partie du retard, la banque a cédé des actifs et validé un modèle avancé d’évaluation des risques qui lui permet d’économiser des fonds propres.

Le plan est soumis au feu vert de Bruxelles et à une restructuration de Monte dei Paschi. La banque a présenté hier à son conseil un plan stratégique 2015 qu’elle doit dévoiler aujourd’hui aux investisseurs. Les baisses de coûts devraient être à l’honneur.

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