Les BFI domineront les débats sur les comptes des banques françaises

le 02/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les investisseurs attendent des détails sur leur adaptation au contexte bouleversé des prochaines années. La Société Générale publie demain

La détente du marché obligataire au premier trimestre pourrait être de bon augure pour les banques françaises, dont la Société Générale sera la première à publier demain ses comptes. Leurs homologues américaines ont en effet affiché de solides niveaux de revenus dans le trading sur les taux. «L’effet de comparaison explique cette forte croissance: le niveau de revenus est très élevé par rapport à 2011, en particulier au second semestre – même si l’on est encore loin des records de 2009», rappelle Cyril Meilland, analyste chez Cheuvreux.

C’est le résultat des deux programmes de liquidités (LTRO) lancés par la BCE en décembre et février. Credit Suisse, Deutsche Bank et Barclays – qui disposent de grandes banques d’investissement – ont suivi leurs pairs américains en fixed income. «Il reste à déterminer dans quelle mesure les établissements français auront défendu leurs parts de marché en BFI, en dépit de la méfiance qu’elles ont suscitée au second semestre 2011», souligne Cyril Meilland.

Les analystes seront aussi attentifs au creusement de l’écart entre BNP Paribas, dont le modèle économique est resté relativement stable malgré la crise de la zone euro, et les banques dont le modèle est en recomposition, comme la Société Générale. L’évolution des revenus en trading actions, activité phare de cette dernière, sera instructive. Les analystes de Natixis anticipent par exemple une baisse des revenus récurrents en BFI de 15% en un an pour BNP Paribas, et de 26% pour sa rivale.

Dans le contexte de redimensionnement de la Générale, «les sujets-clés devraient être: des chiffres encourageants concernant l’évolution du ratio de fonds propres durs sous Bâle 3 d’ici à 2013, ainsi que les plans de restructuration de la BFI et la transition vers un modèle peu consommateur de ressources», indique Jean-Pierre Lambert, analyste chez KBW.

Crédit Agricole SA (CASA) est également attendu de pied ferme, alors que le titre de la structure cotée de la banque verte a atteint un plancher la semaine dernière, à 3,57 euros: «le marché attend des dirigeants des perspectives; ils n’ont toujours pas indiqué de nouveau business plan. CASA semble manquer de vision stratégique», souffle un analyste.

En conclusion, la BFI et Bâle 3 devraient dominer les résultats. En banque de détail, l’éventuel élément de surprise sera l’évolution du coût du risque des banques exposées à l’Italie et à l’Espagne, essentiellement BNP Paribas et CASA.

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