Les Caisses d'Epargne vont accéder au refinancement de la CRH

le 15/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Ecureuil était le seul grand réseau bancaire français à ne pas utiliser cet outil de place, qui finance les prêts à l'habitat de ses actionnaires

C’était une anomalie dans le paysage bancaire français. Elle est en passe d’être corrigée. Les Caisses d’Epargne, seul grand réseau à ne pas être branché sur le canal de la Caisse de refinancement de l’habitat (CRH), vont bientôt pouvoir y recourir. De sources concordantes, les 17 caisses de l’Ecureuil sont en train d’en faire la demande à leurs conseils d’orientation et de surveillance. Les Banques Populaires, l’autre enseigne généraliste du groupe BPCE, s'appuient depuis longtemps sur la CRH.

La Caisse de refinancement de l’habitat est un établissement de crédit de place, destiné comme son nom l’indique à refinancer, sans prendre de marge, les prêts au logement des banques. Son capital est détenu par ces dernières, avec deux poids lourds, l’ensemble Crédit Agricole – LCL (39,1%) et le Crédit Mutuel CIC (35,2%), suivis de la Société Générale (10,7%), de BNP Paribas (9,3%), et de BPCE (4,9%). Cette clé de répartition détermine, à peu de choses près, celle des ressources levées lors d’un emprunt. Les 48,4 milliards d’euros d’emprunts de la CRH en circulation à fin 2011 ne bénéficient plus de la garantie de l’Etat, mais d’un nantissement sur un pool de prêts de 68,7 milliards. Ces obligations ne sont pondérées qu’à 10% des encours dans le calcul de la solvabilité des établissements de crédit qui les détiennent.

Si l’Ecureuil s’intéresse aujourd’hui à ce canal, c’est qu’aucune source de refinancement ne peut désormais être négligée. Les emprunts CRH financent environ 6% de l’encours de crédit à l’habitat aux ménages de ses actionnaires. Son rôle s’accroît: la Caisse a émis un montant record de 12,1 milliards d’euros l’an dernier (+32%) à travers 14 emprunts. BPCE aurait d’ailleurs souhaité un poids au capital de la CRH plus conforme à sa part du marché immobilier français, mais les autres banques n’étaient pas vendeuses…

Au 15 février, BPCE avait déjà réalisé 39% de son programme de financement à moyen et long terme pour 2012. Le groupe a levé 10,1 milliards d’euros, dont 59% à travers des covered bonds, 22% par des obligations non sécurisées et 19% par emprunts auprès des particuliers dans le réseau. Le financement de la BCE, auquel la banque a eu recours fin décembre mais pas lors de la deuxième opération de février, n’est pas pris en compte dans ces chiffres. Le groupe s’en est en effet servi pour remplacer des ressources courtes.

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