Bankia et Bancaja se divisent sur la valeur de Banco de Valencia

le 23/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Celle-ci aurait été surévaluée, permettant à Bancaja d'obtenir plus de poids lors de la fusion des sept caisses d'épargne espagnoles fin 2010

Pour comprendre la portée du litige entre Bankia et Bancaja, il faut revenir au moment de la fusion de sept caisses d’épargne, qui a donné naissance fin 2010au groupe Banco Financiero y de Ahorros (BFA), maison mère de Bankia. Ces caisses, dont les deux plus importantes d’Espagne, Bancaja et Caja Madrid, ont transféré leurs actifs à cette nouvelle entité bancaire. Caja Madriden possède 52% et Bancaja 37%.

Selon BFA, des erreurs d’évaluation de Banco de Valencia, filiale à 30% de Bancaja à l'époque, auraient été commises par la société d’audit lors du processus de fusion des sept caisses d’épargne. Cette découverte pourrait remettre en question le montant de la participation détenue par Bancaja dans le groupement. «Si l’évaluation s’avère erronnée, Bancaja devra compenser d’une manière ou d’une autre BFA envers laquelle elle aurait désormais une dette», estime un juriste madrilène. Sa participation au capital pourrait par exemple être abaissée.

On comprend donc pourquoi Bancaja s’oppose à la décision du conseil d’administration de BFA et insiste pour que le contrat de fusion de Bancaja et CajaMadrid n’envisage pas une telle vérification. Selon le quotidien El País, la nationalisation de Banco de Valencia par la Banque d’Espagne a révélé au grand jour l’état des comptes de cette entité, qui ne sembleraient pas compatibles avec ceux présentés par la société d’audit au moment de la fusion. Banco de Valencia a, en plus, récemment communiqué à l’autorité des marchés espagnols CNMV des pertes nettes de 887 millions d’euros. Comme le souligne Manuel Romera, directeur du secteur financier à l’IE Business School, «Banco de Valencia était 'entre guillemets' la banque immobilière de Bancaja». Ce dernier évoque aussi les possible luttes intestines entre de fortes personnalités placées à la tête de ces caisses.

Sa forte exposition au marché de l’immobilier estimée à 70% aurait-elle influencé la décision de Rodrigo Rato, président de Bankia, de finalement abandonner Banco de Valencia, nationalisée en novembre 2011? Le fonds pour la restructuration bancaire espagnol (Frob) y aurait injecté plus de 2 milliards d’euros, souligne le juriste. «Comment Bankia peut-elle prétendre maintenant porter secours à Unnim alors qu’elle fut incapable de remettre à flot une banque dont elle possédait 30% ?», s’étonne-t-il.

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