La Banque Postale espère doubler son résultat d'exploitation en 2012

le 23/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elle compte approcher les 700 millions d'euros et retrouver sa vitesse de croisière, après un exercice 2011 marqué par le coût de la crise grecque

Une agence de la Banque postale dans le 15e arrondissement.
(Photo: PHB/Agefi)

Philippe Wahl boucle une première année en demi-teinte à la tête de la Banque Postale. D’un côté, la filiale de La Poste aborde 2012 riche d’une gamme complète de produits, avec le lancement cet automne des crédits aux personnes morales, celui de l’assurance santé le 31 janvier, et peut-être le financement aux collectivités publiques d’ici à fin juin. De l’autre, la crise grecque lui a déjà coûté 213 millions d’euros de provisions.

Selon les projections présentées lors d’un conseil d’administration fin décembre, et dont L’Agefi a eu connaissance, la Banque Postale table ainsi sur un résultat d’exploitation (Rex) de 360 millions d’euros en 2011, en repli de 50%. Voire moins, si une décote supplémentaire doit être passée sur la dette de la Grèce. Le produit net bancaire (PNB) est attendu stable, à 5,22 milliards.

Le millésime 2012 sera celui du rebond. Selon le budget présenté fin décembre, la Banque Postale espère un PNB supérieur à 5,4 milliards, en hausse de 4%. Elle attend une baisse des revenus de l’épargne, mais une nouvelle progression de ses crédits: leur encours passerait de 44 à 50 milliards, dont 2,9 milliards pour les prêts à la consommation (+ 1 milliard) et 1,1 milliard pour les entreprises. Ses parts de marché en crédit à l’habitat et à la consommation progresseraient ainsi de 0,3 et 0,6 point, à 5,3% et 1,9% respectivement.

Le résultat d’exploitation, lui, devrait quasiment doubler pour frôler les 700 millions d’euros, grâce à la maîtrise des charges (+2%) et l’absence de sinistre grec. Le coefficient d’exploitation diminuerait de 1,4 point, au niveau toujours élevé de 85,8%, et le résultat net atteindrait 600 millions.

La Banque Postale reviendrait ainsi dans la ligne du plan Ambition 2015. A l’origine, ce dernier ciblait un objectif de Rex de 940 millions en 2012 et de 1,8 milliard en 2015. Révisée pour tenir compte des conséquences de la crise, la nouvelle feuille de route table sur 670 millions et 1,6 milliard de résultat d’exploitation à ces deux échéances.Le groupe La Poste reste cependant au-dessus des hypothèses ayant servi à le valoriser en 2010 pour l’entrée de la Caisse des dépôts à son capital. Il a en effet revu ses prévisions en hausse sur la période pour les activités courrier et colis. Au total, l’opérateur postal espère un Rex de 815 millions en 2012 et un résultat net de 535 millions. Sachant qu’un budget est fait pour être dépassé.

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