Les assureurs français ont poursuivi leur désengagement sélectif au Royaume-Uni

le 29/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans un contexte de raréfaction du capital, ils estiment que de nombreuses activités ne génèrent pas suffisamment de marge

L’activité de détail au Royaume-Uni attire difficilement les acteurs français de l’industrie financière. Alors que les banques privilégient l’Europe continentale ou les pays émergents, les compagnies d’assurance n’y sont que relativement attachées. La semaine dernière, Axa a annoncé la cession de sa filiale Denplan à Simplyhealth Group, pour un montant total de 151 millions de livres sterling (179 millions d’euros).

Denplan ne vend pas de produits d’assurance proprement dits. C’est une société de prestation de services dans les soins dentaires, notamment des facilités de paiement («dental payement plan»). Axa en a hérité en 1999 au moment de l’acquisition de Guardian Royal Exchange. Sa vente s’inscrit dans sa nouvelle stratégie sur le marché britannique, qui l’a conduit à vendre ses activités traditionnelles d’assurance vie, épargne et retraite à Resolution en 2010. Axa conserve toutefois ses ambitions en dommage, gestion de fortune et santé. A l’opposé, la transaction permet à Simplyhealth de compléter sa présence sur son marché domestique.

C’est d’ailleurs ce qui l’a motivé en août dernier à acquérir l’activité santé de la filiale britannique d’un autre assureur français, Groupama, qui fait face à de sérieuses difficultés financières. Groupama Healthcare fournit des polices de santé aux PME. «Nous ferons partie des cinq premiers assureurs santé au Royaume-Uni», indiquait Simplyhealth dans son communiqué au moment de l’annonce de la transaction. Invoquant une surcharge de travail du régulateur britannique, Financial Services Authority (FSA), la société a précisé en octobre que l’intégration prenait du retard et ne serait probablement pas achevée d’ici à la fin de l’année.

En ces temps où le capital devient une denrée rare et précieuse, à l’aune de la mise en œuvre des normes prudentielles de Solvabilité 2, les assureurs sont nombreux à estimer que le marché britannique, à l’instar d’autres marchés mûrs, dégage de trop faibles marges dans certaines activités. Dans un entretien avec le site Insurance Age début décembre, François-Xavier Boisseau, directeur général de Groupama au Royaume-Uni, expliquait que Groupama Healthcare ne dégageait pas suffisamment de valeur à travers son positionnement de specialiste par rapport aux grands acteurs traditionnels du marché.

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