La caisse d’épargne Unnim, prochain candidat à la vente aux enchères

le 27/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque catalane affiche au 30 septembre une perte de 107 millions d’euros. Elle subira le même sort que la Cam

Unnim file tout droit vers une vente aux enchères. La caisse d’épargne, issue de la fusion des trois établissements catalans Caixa Saabadell, Terrassa et Manlleu, a terminé les neuf premiers mois de l'année sur une perte de 107 millions d'euros, avec un taux de créances douteuses de 8,34%. Pourtant à la fin du premier semestre, l’entité affichait encore des bénéfices de 25,4 millions d'euros. Selon Unnim, ces pertes s’expliquent par la «détérioration du portefeuille des crédits et de l’immobilier» et par «les coûts de restructuration de l’entité», s’élevant à 77 millions d’euros. Les bénéfices enregistrés au premier semestre provenaient d'éléments exceptionnels, comme la vente de son portefeuille d’assurance à Aegon et Reale pour une valeur de 34 millions d’euros.

Cette annonce réveille les doutes sur la fiabilité des bilans bancaires puisque le même scénario s’était présenté avec d’autres caisses d’épargne comme CCM, Cajasur, la Cam et Banco de Valencia. Enrique Perez Hernandez, professeur d’économie à l’Institut d’études boursières de Madrid, explique que «la révision des comptes par les administrateurs du Fonds de restructuration bancaire (Frob), instrument de la Banque d’Espagne, avait révélé des chiffres qui différaient de ceux qui avaient été communiqués par les anciens administrateurs de ces entités.»

Saisie cette année par le Frob, Unnim avait échoué en 2010 aux tests de résistance et avait finalement accepté une aide publique lors de son processus de recapitalisation. Le Frob, qui avait nationalisé temporairement la caisse, avait injecté 568 millions d’euros pour sa recapitalisation.

Comme pour la Cam, Unnim devrait donc faire prochainement l’objet d’une vente aux enchères. Selon l’agence EFE, un premier tour de table sera organisé le 13 janvier en présence de Banco Santander, BBVA, La Caixa, Unicaja, Ibercaja et Kutxabank.

Selon Enrique Perez Hernandez, un «schéma de protection d’actifs» devrait également être appliqué pour Unnim «permettant de garantir les dettes à hauteur de 80%». L’expert financier se demande pourtant si ce sera le Fonds de garantie des dépôts qui paiera cette fois la facture d’Unnim après avoir déboursé 6,59 milliards d’euros pour la Cam. Selon lui, le scénario qui pourrait se présenter serait «d’obliger les banques à digérer l’absorption d’Unnim».

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