Lloyds Banking Group se prépare à céder 632 agences à un rival mutualiste

le 15/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Co-Operative Group tient la corde pour le réseau d’agences mis en vente par la banque britannique pour répondre aux exigences du régulateur européen

Le «Project Verde» s’approche de son dénouement. C’est sous ce nom de code que Lloyds Banking Group (LBG) a orchestré la vente d’un réseau de 632 agences, une mesure imposée par le régulateur européen en échange d’un soutien public.

Désormais contrôlé à 41% par le contribuable britannique, l’établissement londonien a choisi d’engager des négociations exclusives avec Co-Operative Group (Co-Op), un holding au statut de coopérative détenant entre autres Co-Operative Bank, un prêteur basé à Manchester. Le groupe revendique plus de 4.500 agences et points de contact, ainsi que 4,5 millions de membres.

Co-Op a ainsi soufflé la politesse à NBNK Investments, le véhicule d’investissement de Peter Levene, qui aurait mis 1,5 milliard d’euros sur la table, selon Bloomberg. Le fonds américain Sun Capital figurait également dans la course.

«Nous finaliserons la transaction d’ici la fin novembre 2013, en ligne avec le calendrier imposé par la Commission européenne», a assuré hier Tim Tookey, le directeur général par intérim de LGB. Mais la banque table sur une issue bien plus rapide, d’ici au 31 mars 2012, tout en maintenant par précaution un projet d’IPO pour ces agences.

Chez Co-Op, le ton n’est pas aussi ferme. «Notre offre pour les actifs n’est pas engageante et nous irons à son terme seulement si nous pouvons conclure un accord qui soit dans l’intérêt de nos membres et autres actionnaires», a souligné Peter Marks, directeur général de Co-Op. «Dans le même temps, l’acquisition n’est pas la seule voie dont nous disposons pour faire croître l’activité», a-t-il poursuivi.

Cette décision a été officialisée hier une vingtaine de minutes après l’annonce du retour, le 9 janvier prochain, du directeur général Antonio Horta-Osorio. Ce dernier avait lâché les rênes le 2 novembre dernier pour raisons médicales. Une commission médicale indépendante saisie pour avis a constaté son «rétablissement complet».

«Le conseil d’administration a accepté la proposition d’Antonio de restructurer et réduire ses lignes de reporting direct afin de renforcer les responsabilités de son équipe de direction senior», souligne LBG dans un document réglementaire. Mark Fisher, en charge des activités et de l’intégration groupe, ainsi qu’Alison Brittain, à la tête de Lloyds TSB et Bank of Scotland, pourraient entre autres profiter de cette remise à plat.

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