Les ratios de liquidité pourraient être revus

le 02/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La pression monte sur les régulateurs européens pour réformer le LCR, le ratio à 30 jours

Légende : L’immeuble de la Banque des règlements internationaux où siège le Comité de Bâle. Photo : ©Pierre GLEIZES/REA

Depuis peu, le dossier a refait surface dans les milieux financiers. Les régulateurs européens réfléchiraient à une réforme du ratio de liquidité à 30 jours, le LCR, que les futures règles de Bâle 3 imposeront aux banques, a appris L’Agefi de sources concordantes. «Sous sa forme actuelle, le ratio repose sur la détention massive de dettes souveraines. Un changement paraît acquis, même si l’on attend encore la réouverture formelle du chantier», explique une source proche des discussions.

Rien n’est encore joué, tempère une autre source. Mais le sujet devrait être évoqué lors de la prochaine réunion du Comité de Bâle, où le point est inscrit à l’ordre du jour depuis longtemps. Il a été abordé aussi au sein de la Banque centrale européenne, qui serait favorable à une évolution. Le Danemark devrait aussi pousser en ce sens. Le pays prendra la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne le 1er janvier lorsque les discussions pour l’adoption de la directive CRD 4, qui transpose Bâle 3, entreront dans le vif. Enfin, plusieurs observateurs notent un récent changement de ton de la part des Britanniques, jusqu’à présent partisans d’une ligne dure en matière de ratios de liquidités.

Le LCR demande aux banques de constituer un coussin d’actifs liquides, composé en majorité d’emprunts d’Etat, afin de couvrir les retraits de cash cumulés sur 30 jours qui seraient consécutifs à un stress des marchés.

Censé s’appliquer le 1er janvier 2015 après une période d’observation, le ratio faisait déjà l’objet de nombreux débats. Cette semaine, Baudouin Prot, le nouveau président de BNP Paribas, a encore appelé les régulateurs à réviser le calcul des ratios de liquidité.

La crise de la dette souveraine en zone euro rend la position des régulateurs de plus en plus intenable. La décision de l’Autorité bancaire européenne, fin octobre, de passer en valeur de marché les dettes souveraines au bilan des banques pour calculer leurs exigences en capital, a constitué un tournant. Incitant les établissements de crédit à se délester de leurs titres d’Etat, elle a mis en lumière la contradiction des règles prudentielles: celles-ci obligent les banques à détenir, pour leur liquidité, des dettes souveraines qui pénalisent désormais leur solvabilité.

Deux pistes pourraient être explorées pour faire évoluer le LCR. D’une part, un élargissement des actifs éligibles au coussin de liquidité, que les régulateurs ont fixés de manière très restrictive. Les banques souhaitent que soient pris en compte dans la définition du coussin les actifs qui sont acceptés en garantie par la Banque centrale européenne dans ses opérations de refinancement. Mais, Europe des Vingt-Sept oblige, il reviendrait à une autre instance, et non à la BCE, de définir la liste de ces actifs liquides.

Certains observateurs espèrent aussi une diminution du dénominateur du LCR, qui matérialise les sorties de trésorerie. Il s’agirait, par exemple, de modifier à la marge les hypothèses de fuite des dépôts en cas de stress des marchés. Ou encore de changer la définition des dépôts considérés comme stables.

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