La Macif réalise un aller-retour fructueux dans Maurel & Prom

le 01/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La vente et le rachat immédiat de son bloc de 6,86 % lui permet de dégager une plus-value avant impôt de 95 millions tout en gardant ses parts

La chasse aux plus-values est ouverte chez les assureurs, qui s’apprêtent à clôturer un exercice 2011 bien difficile. La Macif a ainsi réalisé hier un aller-retour fructueux au capital de Maurel & Prom, une très ancienne participation qui vaut aussi au président de la mutuelle, Gérard Andreck, de siéger au conseil du groupe pétrolier comme administrateur vice-président.

Un bloc de 6,86% du capital de Maurel & Prom, correspondant exactement aux 8,32 millions d’actions aux mains de la Macif, a été échangé hier matin à 9h12 au prix de 13,3 euros par titre. Un paquet que l’assureur s’est vendu à lui-même, selon des courtiers. Interrogé par L’Agefi, le groupe confirme qu’il s’est livré à un achat-vente.

«Cette opération nous permet de constater une plus-value tout en conservant la même exposition sur cette participation, explique Olivier Arles, son directeur financier. Elle anticipe aussi un éventuel alourdissement de la fiscalité sur les plus-values actions en 2012».

La participation dans Maurel & Prom était valorisée à 15,3 millions d’euros dans les comptes de la mutuelle à fin 2010. La transaction a été réalisée hier à un prix de 111 millions, soit une plus-value avant impôt d’environ 95 millions d’euros pour le groupe. Ce gain n’apparaîtra pas dans les comptes en normes IFRS, qui ne reconnaissent pas de telles opérations d’achat-vente. En revanche, il jouera bien sur les comptes de l’assureur en normes françaises, qui servent de base au calcul des fonds propres prudentiels. «Dans le calcul de la marge de solvabilité, le gain sur la participation dans Maurel & Prom, jusqu'ici considéré comme une plus-value latente, ira directement grossir les fonds propres par le biais du résultat», précise Olivier Arles.

La Macif a bien besoin de ce coup de pouce compte tenu des éléments négatifs qui vont l’affecter par ailleurs. A fin juin, elle affichait 1,1 milliard de dettes périphériques dans ses portefeuilles, dont 55 millions sur la dette grecque (après une dépréciation de 13,7 millions imputée à hauteur de 10 millions aux assurés). Ses résultats opérationnels laissent aussi à désirer, le sinistre Macifilia risquant de lui coûter à lui seul une centaine de millions. Au premier semestre, l’assureur a dégagé une perte consolidée de 44,5 millions en normes IFRS.

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