UniCredit défie l'appétit des marchés actions

le 15/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'augmentation de capital de 7,5 milliards d'euros prévue début 2012 constituera un test

OBJECTIFS CLES 2013 ET 2015 UNICREDIT

Dans un contexte particulièrement difficile et alors qu’elle a accusé une perte de 10,6 milliards d’euros au troisième trimestre 2011, UniCredit a annoncé hier une recapitalisation de 7,5 milliards d’euros qui devrait s’effectuer d’ici au premier trimestre 2012. Dans la foulée, la plus grande banque italienne a présenté un plan de relance quinquennal focalisé sur une drastique réduction des coûts et des risques, avec à la clé la suppression de 5.200 emplois en Italie d’ici à 2015 sur un total de 160.000 salariés.

Après avoir longtemps rechigné à se recapitaliser, UniCredit s’affiche aujourd’hui comme la première banque depuis près d'un an à se lancer dans une opération d’une telle envergure face à un marché des plus incertains. Le groupe guidé par Federico Ghizzoni n’a pas eu le choix, poussé par les nouvelles règles prudentielles imposées aux banques par les instances européennes, du Conseil de stabilité financière (FSB) à l’autorité européenne des banques (EBA). Cette dernière en particulier a chiffré, fin octobre, à 7,4 milliards le déficit de capital d'UniCredit pour atteindre un ratio de fonds propres core tier one de 9% d’ici au 30 juin 2012. Par ailleurs, unique établissement italien à avoir été inclus parmi les banques mondiales dites systémiques, UniCredit se devait de renforcer ultérieurement ses fonds propres.

Indépendamment de la recapitalisation annoncée, la banque pourra compter aussi dans le calcul de ses fonds propres sur 2,4 milliards d’euros de capital constitué par 80% de titres hybrides appelés Cashes, émis pour un montant total de 3 milliards d’euros en 2009. La Banque d’Italie vient de l'y autoriser.

Le groupe a donc prévu large. Après son émission de titres, il estime que son ratio core tier one  dépassera 9% en 2012 selon les règles Bâle 3. La recapitalisation, qui doit être approuvée par une assemblée des actionnaires convoquée le 15 décembre, sera garantie par un consortium d’une quinzaine de banques guidées par BoA Merrill Lynch et Mediobanca. Dans le cadre de cette opération, les actionnaires recevront une nouvelle action UniCredit pour dix titres détenus. Cette levée de fonds devrait être soutenue principalement par les fondations bancaires, qui détiennent près de 15% du capital d'UniCredit, ainsi que par les actionnaires privés italiens de la banque. Après avoir déjà soutenu deux recapitalisations pour 7 milliards d’euros en 2009, ces actionnaires vont devoir très certainement s’endetter pour remettre la main au portefeuille.

La pilule est d’autant plus dure à avaler que la banque a indiqué qu’elle ne versera pas de dividende pour 2011 et que les résultats du troisième trimestre mettent en lumière sa baisse de rentabilité. La perte nette de plus de 10 milliards d’euros, contre un bénéfice de 334 millions d’euros enregistré au troisième trimestre 2010, est due à des dépréciations d'actifs et de survaleurs de plus de 10 milliards d’euros. Un chiffre impressionnant qui, ajouté à la perspective d'une dilution massive, a fait chuter le titre de 6,18% à la Bourse de Milan.

Mais grâce à son nouveau plan stratégique (2010-2015) UniCredit table sur un bénéfice net à 6,5 milliards d'euros en 2015 contre 1,323 milliard en 2010. Au programme, notamment, une forte réduction des actifs pondérés du risque (RWA) dans la banque de gros, où le groupe va aussi chercher un partenaire pour ses activités de courtage actions.

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