Le système financier chinois doit poursuivre sa longue marche vers la maturité

le 15/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le FMI se félicite dans un rapport formel des progrès accomplis tout en regrettant un interventionnisme public encore trop vif

Le Fonds monétaire international, avec l’aide de la Banque mondiale, s’est pour la première fois penché formellement sur le système financier chinois. La tonalité du rapport correspondant publié cette nuit est positive. Si le FMI se félicite d’une «solidité générale» du système acquise grâce aux «progrès significatifs réalisés afin de mettre en œuvre un secteur financier plus concurrentiel», sur la base d’une supervision et d’une régulation renforcées, le rapport souligne tout de même que le chemin reste long à parcourir pour consolider les bases d’une organisation efficace à long terme. Des risques à court terme existent face à la forte croissance du crédit source de détérioration de sa qualité, à l’essor de la finance de l’ombre, au développement des expositions hors-bilans, ou encore face aux incertitudes entourant l’économie mondiale.

Responsable de la mission au sein du FMI, Jonathan Fiechter assure ainsi de la «bonne santé» des banques tout en prévenant que des «zones de vulnérabilité» se font jour et doivent être étudiées avec attention par Pékin. Si le système actuel permet un taux d’épargne et une liquidité élevés, il favorise également des risques de «mauvaise allocation des capitaux» propice à la «formation de bulles, particulièrement dans l’immobilier», selon le cadre du FMI, qui invite la Chine à corriger au plus vite ces «distorsions». Pékin est sur la bonne voie, selon le rapport, et a immédiatement salué, par l’intermédiaire de la Banque centrale, l’«objectivité» du document.

Les tests de résistance mis en œuvre en collaboration avec les autorités chinoises auprès des dix-sept plus grandes banques commerciales entretiennent ce sentiment double à l’égard duc système financier chinois, mêlant satisfaction et crainte. Ces stress tests laissent en effet voir que «la plupart» semblent pouvoir faire face à des «choc isolés» comme une correction du marché immobilier ou une évolution des taux de changes. Mais le rapport met en exergue que le système bancaire pourrait être «gravement affecté» si plusieurs de ces risques devaient se matérialiser au même moment.

Les banques doivent dès lors renforcer leurs systèmes de gestion des risques. Surtout, le FMI appelle Pékin à laisser s’instaurer un cadre concurrentiel plus libre, moins dirigiste. Le FMI en profite au passage pour rappeler la Chine à l’ordre sur la nécessaire flexibilité du yuan.

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