Scor bénéficie pleinement de l’intégration de Transamerica Re

le 14/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La contribution de cette acquisition s’est révélée supérieure aux anticipations. Le réassureur n'est pas exposé à la dette souveraine périphérique

La progression est impressionnante, surtout dans le contexte actuel: le résultat net de Scor au troisième trimestre a progressé de 70% par rapport à l’année précédente, à 188 millions d’euros. La performance compense un mauvais début d’exercice, marqué par les catastrophes naturelles en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon.

Cette embellie provient de l’activité de réassurance du risque de mortalité de Transamerica Re, acquise en avril et intégrée dans les comptes à partir du 9 août. Les détails financiers définitifs de la transaction ont révélé quelques bonnes surprises: Scor a enregistré un profit d’acquisition (badwill) de 114 millions d’euros, résultant de la différence entre le prix d’acquisition (646 millions) et la valeur nette des actifs acquis (760 millions d’euros). «Le prix s’est révélé environ 40 millions inférieur à ce que nous pensions. Cela montre que l’argent a été bien dépensé», souligne un analyste.

Retraité de 13 millions d’euros de frais, mais bonifié par sept millions de résultat des activités intégrées, l’apport final de Transamerica Re se chiffre en définitive à 108 millions d’euros sur le bénéfice net de Scor, qui aurait donc reculé de 28% sans cette acquisition.

Cela dit, en raison des turbulences des marchés actions, le réassureur a également dû déprécier ses portefeuilles de 38 millions d’euros, un montant somme toute modeste. «Anticipant les turbulences des marchés, Scor a choisi de réduire considérablement son exposition aux actions à la mi-juin», indique le groupe. L’exposition aux actions a été réduite de quatre points de pourcentage depuis le premier trimestre et ne représentait plus que 6% des actifs investis au 30 septembre 2011.

En outre, Scor n’a aucune exposition souveraine aux obligations d’Etats dits périphériques (Grèce, Italie, Irlande, Portugal et Espagne). Les 10 premières expositions souveraines représentent un montant supérieur à 3,4 milliards d’euros, dominées par les dettes américaine (pour 906 millions), allemande (647 millions) et française (457 millions).

«Avec ou sans Transamerica, les comptes de Scor sont de bien meilleure facture en comparaison de ses concurrents. Munich Re, qui est fortement exposé à la Grèce et à l’Italie, a vu son bénéfice chuter de 63%», rappelle un analyste. Le ratio combiné de Scor Global P&C (dommages) augmente de 2,2 points, à 94,8%. Un niveau qui a également rassuré.

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