L’assurance européenne fait de la résistance

le 20/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En dépit du durcissement de la réglementation et des marchés, l’agence A.M. Best a procédé à très peu d’actions négatives sur le secteur en Europe

Au cours de ces derniers mois, l’assurance européenne n’a pas été épargnée par les vents contraires. «La crise de la dette souveraine et les crises économiques dans différents pays européens ont ajouté une pression supplémentaire sur une capitalisation des assureurs ajustée en fonction du risque, à une période où les pertes liées aux catastrophes naturelles, les conditions d’assouplissement de marché et la diminution des réserves pèsent déjà sur les bilans de ces entreprises», a commenté Stefan Holzberger, directeur général Analytics chez A.M. Best.

Pourtant, l’agence de notation, qui tenait hier à Londres sa conférence annuelle européenne, a souligné la résilience d’un secteur qui n’a enregistré jusqu’à présent que très peu d’actions négatives sur ses notations. Après un premier trimestre difficile, les assureurs européens, ont dans leur ensemble, continué à afficher de bons résultats, et cela en dépit d’un assouplissement des conditions de souscription, selon l’agence.

Au-delà d’une amélioration des résultats, le secteur a également passé avec succès cet été des stress tests économiques à partir de modèles mathématiques internes à A.M. Best, reposant à la fois sur une décote des investissements en actions et en immeubles mais aussi une décote sur les emprunts d’Etat et d’entreprises. «Si les niveaux post-tests se situent en bas de la fourchette», indique Stefan Holzenberger, «la puissance financière ajustée aux risques des assureurs reste de bonne qualité, même si elle apparaît inférieure à celle enregistrée durant les années 2009-2010».

Selon le responsable, les assureurs européens sont parvenus à compenser une plus grosse exposition globale au risque de placement aussi bien par des actions de couverture que par une réduction des actifs les plus risqués. A l’avenir, les actions négatives ne sont cependant pas complètement écartées, en particulier pour les acteurs de taille intermédiaire: selon A.M. Best, les incertitudes concernant la date de mise en œuvre de la directive Solvabilité 2, de même que les coûts associés à cette réglementation peuvent avoir un impact négatif sur les notations. Sans oublier la tension supplémentaire induite par les nouveaux modèles en cas de sinistres…

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