Moody's répercute le risque souverain sur les banques britanniques et portugaises

le 10/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le déclassement du Portugal et la baisse du soutien du Royaume-Uni à ses banques justifient principalement les sanctions de l'agence

L’agence de notation Moody’s a abaissé vendredi la note de crédit de 21 banques portugaises et britanniques, pour des raisons principalement liées à leurs Etats respectifs.

Neuf établissements portugais ont ainsi vu leur note de dette senior et de dépôts dégradée d’un ou deux crans, une décision attendue depuis l’abaissement de la note de Lisbonne en juillet de Baa1 à Ba2. Ont notamment été sanctionnées Banco Espirito Santo (de Ba1 à Ba2), Banco Commercial Portugues (de Ba1 à Ba3) ou encore Banco BPI (de Baa3 à Ba2).

Moody’s justifie cette décision par la détérioration de leur solidité financière due à plusieurs facteurs: un risque accru pesant sur leurs actifs en conséquence de leur exposition à la dette souveraine portugaise, la prévision d’une aggravation de la qualité de leurs actifs domestiques dans un contexte d’austérité budgétaire et un accès restreint aux marchés de gros pour se financer.

L’agence a par ailleurs déclassé d’un ou deux crans la note de qualité de crédit autonome (standalone rating) de six de ces établissements, dont les trois cités précédemment. Cette décision s’explique par leur difficulté de financement et, pour BPI, l’exposition directe à la dette grecque. A l’exception de Banco Portugues de Negocios, toutes ces banques sont sous perspective négative.

Moody’s a également abaissé les notes de douze banques britanniques, dont les membres du «big four» Lloyds (de Aa3 à A1) et RBS (de Aa3 à A1). HSBC et Barclays échappent à la sanction. Ces déclassements s’expliquent par la probabilité plus faible qu’elles bénéficient d’un soutien de l’Etat. Un facteur également évalué par crans au sein des notes de crédit des banques. «Les autorités tripartites britanniques ont fourni des prévisions selon lesquelles les banques qui feront faillite dans le futur ne devront pas espérer d’injections de capital public», résume l’agence, précisant que les notes autonomes de ces banques restaient inchangées.

Moody’s répartit toutefois ces différents établissements selon la probabilité qu’ils reçoivent un soutien public. Les plus petites ne bénéficient plus d’aucun cran de soutien et les plus systémiques Lloyds et RBS se voient attribuer 3 crans contre respectivement 4 et 5 auparavant. Les notes de ces deux banques sont assorties d’une perspective négative. «Ces abaissements ne reflètent pas de détérioration de la solidité du système financier ni de celle de l’Etat», tient à préciser Moody’s.

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