Timothy Geithner défend la solidité du système financier américain face au risque européen

le 07/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le secrétaire américain au Trésor estime toutefois qu'une montée de l'aversion des banques pour le risque menacerait l'économie

La colère de Wall Street à l'égard de Barack Obama est «inexplicable» avait jugé mercredi Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor. Les déclarations de du président américain hier lors d'une conférence de presse à la Maison blanche ne devraient pas apaiser les tensions. «On voit encore certains de ceux qui ont agi de manière irresponsable combattre les efforts pour mettre fin aux pratiques abusives», a lancé le président américain.

Devant le comité bancaire du Sénat, Timothy Geithner s'est efforcé de son côté de souligner les avancées depuis 2008. «Le tableau général est le suivant : une exposition directe (aux banques européennes) très limitée, beaucoup plus de fonds propres dans le système, un système financier bien plus solide et résilient aux Etats-Unis», a-t-il détaillé. «Nos banques, et cela est vrai pour les plus grandes d'entre elles, sont en bien meilleure posture si vous regardez leurs niveaux de fonds propres, leurs niveaux de levier, et comment elles sont financées», a-t-il encore ajouté.

Ces propos ont porté les valeurs bancaires à Wall Street, Bank of America progressant en séance de plus de 7%. Timothy Geithner s'est toutefois inquiété devant les sénateurs du risque de voir les institutions financières «ne pas prendre assez de risque». C'est ce difficile équilibre entre prise de risque et garde-fous que doit trouver le Financial Stability Oversight Council (FSOC), mis en place par Dodd-Frank et présidé par Tim Geithner. Ce dernier a annoncé que le conseil fournirait davantage de lignes directrices concernant la régulation des institutions financières non bancaires la semaine prochaine.

«Nous avons l'obligation fondamentale de nous assurer que les institutions qui opèrent comme des banques, jouent le même rôle que que les banques dans l'économie, et sont importantes et leveragées, sont soumises à des barrières prudentielles très fortes», a-t-il expliqué. Le premier rapport annuel du FSOC souffre déjà de railleries. Le républication Richard Shelby, membre du comité bancaire du Sénat, a ainsi estimé que «si ce rapport annuel est une représentation précise des progrès du conseil, je reste sceptique quant à ses chances de succès». Pour preuve, il cite le fait que l'Italie et l'Espagne ne figurent dans aucun des passages consacrés au risque de crédit souverain.

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