Citic Securities donne des sueurs froides au marché chinois des IPO

le 07/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le titre du courtier a clôturé inchangé lors de sa première séance de cotation hier à Hong Kong, après avoir perdu jusqu’à 10,5 % en séance

Dans l’ombre de Citic Securities, les prétendants à la Bourse ont observé avec circonspection le parcours chaotique du numéro un chinois du courtage jusqu’à sa première séance de cotation à Hong Kong hier. Le titre a finalement clôturé inchangé à 13,3 dollars locaux, après avoir abandonné jusqu’à 10,5% en séance. Une déconvenue d’autant plus regrettable qu’en parallèle l’indice vedette Hang Seng a gagné 5,7% et le compartiment financier 6,5%. Citic Securities, déjà présent à la Bourse de Shanghai depuis 2003, avait pourtant revu ses ambitions à la baisse, en levant finalement 1,28 milliard d’euros dans le bas d’une fourchette révisée allant jusqu’à 15,2 dollars par titre.

L’opération n’a donc pas de quoi rassurer. Même si Citic Securities a eu le mérite d’oser franchir le pas, il est vrai grâce à l’appui d’investisseurs stratégiques tels les fond souverains Temasek et KIA (Kuwait Investment Authority) ou le hedge fund Och-Ziff Capital Management, qui ont accaparé la moitié de l’offre. «L’environnement n’est pas favorable en ce moment, mais je suis satisfait que l’introduction ait été réalisée», a reconnu le président de Citic Securities Wang Dongming à l’occasion d’une cérémonie d’ouverture à Hong Kong, la place la plus active dans le monde ces dernières années en termes d’entrées en Bourse.

La crise de la dette souveraine européenne et le ralentissement de la croissance chinoise notamment mettent à mal l’appétit des investisseurs pour des nouveaux venus en Bourse. La visibilité semble meilleure en effet pour des titres déjà cotés. «Pourquoi les investisseurs devraient-ils souscrire à une IPO si sa valorisation n’est pas attrayante et que le risque est effectivement plus grand?» s’interroge ainsi un courtier hongkongais cité par Bloomberg.

La prudence règne, et des IPO ont déjà été annulées ces dernières semaines, notamment celles des fabricants d’engins de chantier Sany Heavy Industry et XCMG Construction Machinery pour un montant combiné de plus de 3 milliards d’euros. Mais le doute pèse particulièrement sur le secteur financier, pour lequel Reuters évalue à 26 milliards d’euros le volume des IPO prévues pour l’instant au cours des prochains mois par des groupes chinois, dont Haitong Securities, New China Life ou China Guangfa Bank.

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