Fitch dresse un bilan en demi-teinte du marché français de l’assurance

le 04/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’agence de notation a baissé à négative sa perspective pour les compagnies vie, le tassement des rendements financiers fragilisant leur rentabilité

Les bureaux de Fitch ratings à Londres. Photo: Bloomberg

Le marché français de l’assurance vie traverse une zone de turbulences. Hier, Fitch a abaissé la perspective du secteur de stable à négative estimant que la pression est forte sur la rentabilité des acteurs. «La situation n’est pas simple en raison de la baisse du rendement des investissements liés à la faiblesse des taux d’intérêt, aux dépréciations sur les obligations d’Etat grecques et à la chute des marchés boursiers», explique Marc-Philippe Juilliard, directeur senior chez Fitch Ratings.

De fait, l’environnement de taux d’intérêt bas pèse sur les revenus financiers des sociétés et sur les marges de leurs contrats en euros, qui représentent 85% de la collecte. «Dans ce contexte, les taux servis aux assurés vont encore baisser pour 2012 de l’ordre d’au-moins 0,30 à 0,40%», estime Marc-Philippe Juilliard. En parallèle, leur dynamique commerciale est en berne, la collecte nette ayant chuté de 50% à fin août, selon la Fédération française des sociétés d’assurance. L’agence de notation table d’ailleurs sur une poursuite de cette tendance pour la fin de l’année et pour 2012.

«Depuis 2006, la collecte n’est plus structurellement en croissance», précise le professionnel. En outre, les assureurs pâtissent toujours d’un mix-produits défavorable, les épargnants se tenant à l’écart des produits en unités de compte (UC), générateurs de marges plus élevées et moins consommateurs de fonds propres. «La situation actuelle des marchés boursiers n’aide pas au redémarrage de la collecte sur les UC, souligne Marc-Philippe Juilliard. On arrive à la fin d’une phase de développement de l’assurance vie en France.»

A l’inverse, l’agence de notation a relevé sa perspective de négative à stable pour le secteur de l’assurance dommages, soulignant l’amélioration des résultats opérationnels. «Les hausses tarifaires des dernières années portent aujourd’hui leurs fruits, note Marc-Philippe Juilliard. Le ratio combiné du secteur devrait ressortir autour de 100% en moyenne, contre 104% l’an dernier.» L’agence refuse toutefois de tomber dans un optimisme béat. Outre l'absence de croissance de la matière assurable, les acteurs de l'IARD devraient payer un lourd tribut aux turbulences des marchés. «Ces événements vont avoir un impact négatif sur les rendements de leurs investissements, pesant sur leur rentabilité, en raison de provisions pour dépréciation durable, et sur leur solvabilité», précise-t-il.

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