La France et la Belgique sont au chevet de Dexia

le 03/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les pouvoirs publics devraient examiner en début de semaine les différentes options pour assurer la pérennité de Dexia et de ses emprunteurs

Pierre Mariani, administrateur délégué de Dexia (photo Bloomberg)

Dexia monopolisera l’attention en ce début de semaine. En marge de la réunion de l’Eurogroupe aujourd’hui et demain, les ministres des Finances belge et français, Didier Reynders et François Baroin, devraient discuter de l’avenir de la banque franco-belge, dont l’accès à la liquidité est rendu plus difficile à mesure que la crise des marchés financiers s’installe.

Si aucun des protagonistes ne souhaite confirmer l’information, se retranchant derrière la nature cotée de Dexia, le ministre belge a néanmoins livré des indications sur l’état des débats. «Nous sommes en train de regarder la banque dans son ensemble et de voir avant tout la meilleure manière de sortir de l’ornière […] On doit s’assurer de nouveau, comme en 2008, que si des problèmes arrivent […] les Etats, les partenaires de la banque Dexia, seront derrière la banque», a-t-il indiqué vendredi à la radio belge Première.

Les discussions vont donc bon train et les sujets sont d’autant plus nombreux que les différentes parties prenantes n’ont pas les mêmes intérêts. Les actionnaires de référence de Dexia sont en effet nombreux: les Etats français et belge, la Caisse des dépôts (CDC), les trois régions belges, le holding représentant les communes belges et l’assureur français CNP Assurances.

La direction de Dexia, tant du côté belge (le président du conseil d’administration Jean-Luc Dehaene) que du côté français (l’administrateur délégué Pierre Mariani), exclut toute scission – alors que l’opinion estime que les difficultés de Dexia depuis 2008, liées aux actifs toxiques acquis sur le marché américain, sont largement imputables à sa direction parisienne.

Si le réseau de banque de détail n’est présent qu’en Belgique et serait aisément cessible, la banque finance les collectivités locales des deux côtés de la frontière. En outre, un tiers des encours de DexMA (la société de refinancement qui émet des obligations sécurisées pour le compte de l’établissement) concerne les collectivités d’outre-Quiévrain.

La création d’une nouvelle banque exclusivement dédiée au financement des collectivités locales françaises, de même que l’ouverture du capital de DexMA à la CDC et à la Banque Postale sont loin des préoccupations des actionnaires belges. Il ne fait pas non plus l’unanimité côté français, la CDC et la Banque Postale goûtant peu de se retrouver liés à des structures dont l’avenir est mis en doute.

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