Les Européens défendent leurs banques

le 12/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Au G7, les ministres des Finances ont promis de protéger les systèmes bancaires

Le Palais du Pharo à Marseille, lieu de réunion du G7. Photo: Chris Ratcliffe/Bloomberg

Les ministres des Finances européens et la Banque centrale européenne (BCE), lors d'un G7 vendredi à Marseille, se sont employés à rassurer les marchés et leurs partenaires, notamment américains, sur la crise de la dette souveraine et ses implications pour leurs banques. Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a modéré son discours sur leurs besoins de recapitalisation. La réunion a été secouée par la chute des Bourses et de l'euro après, entre autres, une nouvelle rumeur sur un défaut grec.

Une information de Bloomberg a accru la panique des marchés : l'Allemagne préparerait un plan d'aide à ses banques, qui feraient face à une décote de 50% sur leurs titres grecs si la prochaine tranche du plan de sauvetage de la Grèce n'est pas débloquée. Le ministre des Finances François Baroin a répondu qu'il n'y avait «pas de plan B» et que l'objectif restait de transposer l'accord du 21 juillet d'ici à fin septembre. Les membres du G7 assurent néanmoins qu’ils prendront «toutes les actions nécessaires pour assurer la résilience des systèmes bancaires et des marchés financiers».

Le débat entre le FMI et les Européens sur les besoins de recapitalisation des banques européennes s'est poursuivi, même si Christine Lagarde a tempéré ses propos. Vendredi matin, à Londres, elle a déclaré que «certains» établissements avaient besoin de capital supplémentaire et, samedi, elle a souligné que le chiffre de 200 milliards d'euros émis par ses services était «provisoire». Le Fonds doit publier une estimation finale le 21 septembre.

Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer a balayé les craintes d'une décote supérieure à 21% sur les titres grecs : «Pour aucune banque en dehors de la Grèce, la dette souveraine grecque ne représente un problème qui nécessiterait une recapitalisation, il faut vraiment sortir cette idée des opérateurs de marché. Toutes les banques européennes, françaises en particulier, pourraient parfaitement absorber quelque chose de plus grave». BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole pourraient toutefois voir leur notes dégradées cette semaine par Moody’s, après que l'agence a placé ces notes sous surveillance mi-juin. Une décision cependant déjà anticipée par les marchés.

Les ministres ont réaffirmé leur volonté de mettre en œuvre l'accord de Bâle 3. Le président de la Bundesbank Jens Weidmann a même annoncé que le Conseil européen du risque systémique allait créer un groupe de travail pour vérifier que la directive CRD 4 est bien conforme à l'accord. Christian Noyer a indiqué qu'il demanderait aux banques françaises de «capitaliser une plus grande partie de leurs bénéfices» et qu'elles seraient «en avance» sur le calendrier. «Il n'y a pas de loup dans les banques françaises», a-t-il affirmé en réponse aux attaques des marchés.

Le G7 a également écouté Jean-Claude Trichet exposer les mécanismes qui assurent une liquidité suffisante au système européen : la BCE refinance les banques sans limite et à taux fixe pour plus de 500 milliards d'euros, et elle ne détient que 1.700 milliards d'euros de collatéral (après décote) sur un total mobilisable de 4.500 milliards. La question du financement en dollar n'a pas été abordée.

Les participants n’ont pas pris de mesures communes pour relancer la croissance, et ont très peu parlé du marché des changes. Ils doivent se retrouver le 23 septembre pour un G20 à Washington.

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