Les banques britanniques dans l’attente du verdict de la commission Vickers

le 12/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les conclusions de la commission, qui doivent être publiées aujourd’hui, pourraient coûter 6 milliards de livres par an aux établissements du pays

Les conclusions de la commission Vickers attendues aujourd’hui risquent de mettre sous pression les banques britanniques. D’après le Financial Times, la réforme pourrait coûter environ 6 milliards de livres par an aux établissements financiers du pays. Une estimation qui serait néanmoins inférieure à celles de certains analystes qui prévoyaient un coût proche des 10 milliards de livres. Le Premier ministre, David Cameron, a décidé vendredi d’endosser les conclusions de la commission Vickers.

Le coût supplémentaire résulterait principalement d’une hausse du coût de financement des activités qui ne bénéficieraient plus de la garantie de l’Etat et de la diversification actuelle des opérations. La commission pourrait également imposer des règles destinées à favoriser la concurrence entre les établissements. «Je ne pense pas que l’impact sera important pour HSBC» indique Sally Ng, analyste chez China International Capital. «L’impact le plus important sera concentré sur les banques qui n’ont pas suffisamment de financements par les activités de détail», soit Barclays, Lloyds et RBS.

Une séparation entre les activités de banque de détail et de banque de financement et d’investissement (BFI) devrait être imposée. Les banques et les clients devraient néanmoins être laissées libres de choisir individuellement où se situe la frontière entre les deux activités, afin de pouvoir continuer à faire transiter les ressources entre banque de détail et BFI et de ne pas être contraint de réécrire les contrats de travail de tous les employés.

De quoi soulager Barclays, RBS et HSBC qui craignaient un retour au «Glass-Steagall Act», tout en évitant que l’Etat britannique ne soit contraint, comme en 2008, de venir au secours de groupes bancaires « too big to fail ». Mais la législation devrait seulement être adoptée dans les trois prochaines années, et sa mise en place étalée dans le temps.

Le ministre des finances, George Osborne, a clairement ouvert la porte ce week-end, lors du sommet du G7 à Marseille, à la mise en place par la Banque d’Angleterre d’un nouveau train de mesures d’assouplissement quantitatif. Adam Posen, un membre externe de la BoE, devrait annoncer demain son soutien à une politique de rachat non seulement de titres souverains britanniques mais également d’actifs risqués. Des mesures qui devraient atténuer la pression qui s'exercent sur les banques du pays.

A lire aussi