Crédit Agricole SA paie le prix des turbulences sur les marchés boursiers

le 02/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Avec une capitalisation boursière avoisinant les 16,7 milliards d'euros, la Banque Verte se voit dans l'obligation de quitter l'EuroStoxx 50

Le chemin de croix boursier se poursuit pour les grandes banques européennes. Malgré des propos rassurants sur sa liquidité (L'Agefi du 26 août), Crédit Agricole SA subit la foudre des investisseurs en raison de son exposition marquée à la dette souveraine des Etats périphériques de la zone euro. L'action de la banque verte a reculé de presque 30% depuis le début de l'année, l'indice Stoxx Europe 600 Banks (hors établissements britanniques) s'étant replié de 26% dans le même laps de temps. Sa capitalisation boursière a fondu pour avoisiner les 16,7 milliards d'euros. Conséquence : la banque française sera exclue de l'Euro Stoxx 50 à compter du 19 septembre, au même titre que l'industriel Alstom. Ce sont le constructeur automobile allemand Volkswagen et le groupe de confection textile espagnol Inditex (Zara) qui les remplaceront.

La nouvelle, synonyme de vente dans les portefeuilles indiciels, a plombé encore un peu plus le titre, qui a clôturé hier en repli de 2,08% à 6,67 euros. Plusieurs courtiers ont par ailleurs revu drastiquement à la baisse leur objectif de cours. UBS vise désormais 6,90 euros contre 9 euros précédemment. Pour Citi, la cible passe de 9,60 euros à 7 euros. «A l'avenir, nous n'excluons pas d'autres dépréciations sur ses investissements financiers, en particulier Bankinter et Banco Espirito Santo (dont le Crédit Agricole détient respectivement 24,7% et 10,8% du capital, ndlr), et/ou d'autres injections de capital», préviennent les analystes de Citi dans une note.

Le Crédit Agricole n'est pas le seul représentant du secteur bancaire à faire les frais de ces tumultes boursiers. La Société Générale va de son côté quitter l'indice Stoxx Europe 50, qui comprend les sociétés britanniques. La banque de la Défense sera suivie des italiennes UniCredit et Intesa Sanpaolo. Le cours de l'action Société Générale a plongé de plus de 40% depuis le début de l'année. A l'image du Crédit Agricole, l'établissement dirigé par Frédéric Oudéa a tenté au cours des derniers jours de rassurer les investisseurs. Il a notamment livré mardi dernier des éléments sur sa liquidité, indiquant avoir financé 95% de ses besoins à long terme (L'Agefi du 31 août). L'action Société Générale a bien résisté hier, achevant la séance sur un gain de 1,65% à 23,74 euros.

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