Le spectre de Countrywide plane toujours sur Bank of America

le 31/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le FDIC met en cause l'accord de 8,5 milliards de dollars conclu en juin par la banque pour solder un contentieux lié à des MBS de la filiale

Au siège du FDIC. Photo: Andrew Harrer/Bloomberg

Le répit aura été de courte durée pour Bank of America (BoA). Le fonds de garantie des dépôts bancaires américains (FDIC) et plusieurs investisseurs ont déposé une objection auprès d’une cour fédérale de l’Etat de New York concernant l’accord de 8,5 milliards de dollars conclu par la banque pour mettre un terme à des contentieux liés à des titrisations de crédits hypothécaires (mortgage-backed securities, MBS). Fin juin, BoA avait annoncé cet accord avec 22 investisseurs, dont la Fed de New York, BlackRock ou encore Pimco, permettant de solder une partie du lourd héritage de sa filiale Countrywide rachetée en 2008.

Mais cet arrangement est mis en cause par le FDIC qui rappelle qu’il détient «de nombreux certificats» émis par Countrywide et inclus dans l’accord. «La raison de l’objection de la FDIC est qu’elle n’a pas suffisamment d’informations pour évaluer l’accord», précise le document.

Bien que soumis à l’approbation d’un juge de l’Etat de New York prévue pour novembre, un groupe d’investisseurs tente de transférer le dossier vers une cour fédérale. C’est BNY Mellon, chargé d’administrer les MBS en question, qui avait demandé de régler l’affaire au niveau de l’Etat, mais les investisseurs qui n’ont pas pris part aux discussions et qui sont néanmoins liés à cet accord, comme AIG, critiquent la manière dont elle les a représentés. AIG s’était opposé dès le début du mois d’août à cet arrangement et avait engagé des poursuites contre BoA lui réclamant quelque 10 milliards de dollars.

«Nous estimons que l’administrateur a agi raisonnablement en engageant cet accord et qu’il y a des raisons convaincantes pour lesquelles il devrait recevoir une approbation judiciaire», estime Lawrence Grayson, un porte-parole de BoA, cité par Bloomberg. Selon Paul Miller de FDR Capital Markets, si l’accord n’obtient pas l’approbation de la justice, la banque devra reprendre les négociations et risquera une addition beaucoup plus salée.

C’est donc le retour des mauvaises nouvelles pour BoA qui avait pourtant vu son avenir s’éclaircir ces derniers jours. Après l’annonce retentissante d’un investissement de 5 milliards de dollars de Warren Buffet dans des titres BoA, la banque a annoncé lundi la cession de 5% de sa participation dans China Construction Bank pour 8,3 milliards de dollars, permettant de réaliser une plus-value nette de 3,3 milliards et de rassurer les investisseurs inquiets de sa santé financière.

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