Les banques françaises ont anticipé le resserrement de l'accès à la liquidité

le 29/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Avant que les investisseurs ne manifestent leurs craintes, elles ont notamment réduit leur dépendance à l'égard du marché monétaire américain

La liquidité des banques françaises aura été un sujet majeur cet été sur les marchés européens. Signe que ces établissements comptent peu sur le marché interbancaire pour se financer, le Crédit Agricole, dernier à publier ses comptes trimestriels, place quotidiennement 15 milliards de dollars auprès de la Réserve fédérale, a précisé jeudi son DG délégué Michel Mathieu. Il dispose ainsi d’une réserve de trésorerie permanente.

Cela dit, les banques n’ont pas attendu pour s’adapter. «Le marché interbancaire s’est une fois de plus refermé. Mais les banques françaises détiennent des liquidités disponibles comprises entre 105 milliards, pour la Société Générale, et 150 milliards de dollars, pour BNP Paribas; ce sont des montants environ trois fois supérieurs à ceux qu’elles affichaient au moment de la faillite de Lehman Brothers. Elles ont de quoi faire face à une période de ‘sécheresse’ des marchés», estime Pierre Flabbée, responsable sectoriel chez Kepler Capital Markets.

En outre, elles ont fortement réduit leur dépendance à l’égard du marché monétaire américain pour leur refinancement à court terme. Ainsi, le Crédit Agricole s’est approvisionné auprès des fonds monétaires outre-Atlantique (les money market funds) pour 36 milliards de dollars, alors que ses réserves totales de liquidité atteignent 120 milliards d’euros (L'Agefi du 26 août). La Société Générale a également réduit ses levées auprès de ces fonds: elle disposait de 74 milliards de dollars de papiers court terme le 16 août, contre 104 milliards fin juin.

Cela dit, par leur structure, certaines banques sont mieux dotées que d’autres en terme de liquidité. Le Crédit Agricole, grâce à ses caisses régionales, à LCL et à son réseau en Italie, BNP Paribas, grâce à sa présence au Benelux et en Italie, voire BPCE, sont avantagés. «Sur ce registre, la Société Générale dépend davantage des marchés, étant donné que ses filiales en Europe centrale ne lui permettent pas de collecter autant de dépôts que certaines concurrentes», souligne Pierre Flabbée.

Par ailleurs, les banques françaises ont mené tambour battant leurs programmes de refinancement à long terme pour l’année. La palme de la précocité revient à BNP Paribas. A l’issue du premier semestre, le groupe avait déjà réalisé l’intégralité de son programme à moyen et long terme, soit 35 milliards d’euros. Des autres grandes banques françaises, BPCE avait atteint la proportion de 77% au 25 juillet, pour un objectif annuel de 25,3 milliards d’euros.

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