La croissance des bénéfices des banques américaines pourrait ralentir

le 25/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Bénéfices en hausse, recul des provisions, amélioration des bilans... tous les signaux sont au vert pour les banques américaines. Sauf les revenus

Les banques américaines se portent de mieux en mieux, à en croire le fonds de garantie des dépôts bancaires américains (FDIC). Mais si leurs bénéfices augmentent fortement, cela pourrait ne pas durer, leurs revenus semblant marquer le pas.

Au deuxième trimestre, les quelque 7.500 banques américaines garanties par le FDIC ont réalisé 28,8 milliards de dollars de bénéfices nets (+37,9% sur un an), dont 20,3 milliards ont été redistribués en dividendes, le solde ayant servi à renforcer leurs fonds propres. Cette progression, néanmoins la plus faible au cours des sept derniers trimestres, s’explique par une baisse sensible des provisions pour créances douteuses. Celles-ci ont reculé de 21,4 milliards de dollars (-53%) sur un an, principalement sur le marché des cartes de crédit.

«Etant donné que les provisions pour pertes s’approchent de leur niveau historique, les chances d’une amélioration des bénéfices grâce à une nouvelle baisse des provisions diminuent», a prévenu Martin Gruenberg, le président par intérim du FDIC.

Les dépôts ont continué d’augmenter et les portefeuilles de prêts ont grossi pour la première fois depuis trois ans (+0,9%) mais Martin Gruenberg a signalé qu’il faudrait encore beaucoup de temps pour que le marché du crédit revienne à la normale.

«La demande de prêts est toujours extraordinairement faible et l’incertitude créée au cours de ces derniers mois a gelé toutes les décisions», déplore un membre de l’Association bancaire américaine qui estime néanmoins que ce rapport confirme la solidité du secteur.

Mais à l’inverse du résultat net, le produit net bancaire du secteur a baissé de 3 milliards de dollars (-1,8%) en raison du recul des rendements des actifs et d’une marge nette d’intérêt ramenée à 3,61% contre 3,76% un an plus tôt. De quoi douter d’une nouvelle croissance des bénéfices.

Sur le front du capital, les performances du deuxième trimestre ont permis aux banques de renforcer leurs bilans et d’afficher des multiples historiquement élevés. Au 30 juin, le ratio de fonds propres sur le total des actifs s’élevait à 11,3%, son meilleur niveau depuis 1938, indique le FDIC.

Entre avril et juin, seules 22 banques ont fait faillite, soit le quatrième trimestre consécutif de baisse et le nombre le plus faible depuis le premier trimestre 2009. Le nombre de banques inscrites sur la «liste à problème» a reculé pour la première fois depuis 15 trimestres, à 865 contre 888 à fin mars.

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