Bank of Ireland réduit sa perte mais se finance de plus en plus cher

le 11/08/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque affiche une perte avant impôts de 753 millions d'euros, contre plus d'un milliard un an plus tôt, grâce à une baisse des dépréciations

Bank of Ireland a quasiment réduit de moitié sa perte au premier semestre, à la faveur d’une baisse de ses dépréciations sur créances douteuses et sur ses actifs cédés à la structure de défaisance irlandaise, Nama. La perte sous-jacente avant impôts s’est ainsi élevée à 723 millions d’euros contre 1,3 milliard un an plus tôt. Ce recul important des dépréciations dans ses comptes cache néanmoins une chute de 66% de son résultat opérationnel. Celui-ci a été affecté par une forte hausse des coûts de financement sur les marchés à laquelle est venue s’ajouter une augmentation des rémunérations des garanties d’Etat. Il ressort à 163 millions d’euros contre 479 millions au 30 juin 2010.

Les dépréciations sur créances douteuses se sont élevées à 842 millions d’euros au premier semestre, soit une baisse de 22% sur un an. Bank of Ireland estime que le pic de dépréciations a été atteint en 2009 mais Richie Boucher, son directeur général, a prévenu qu’elles continueraient en 2012.

Le montant total de crédits en portefeuille a été réduit de près de 10% sur un an tandis que les dépôts sont restés stables par rapport au 31 décembre 2010, à 65 milliards d’euros. Son ratio prêts/dépôts a ainsi été ramené à 164% contre 175% fin 2010. La marge nette d’intérêt est tombée à 1,33% contre 1,41% un an plus tôt, en raison d’une pression concurrentielle accrue sur les dépôts. «Les résultats semestriels de Bank of Ireland reflètent les conditions difficiles au niveau des revenus qui étaient prévues et restent largement liées aux coûts de financements», souligne Davy Capital Markets.

La première banque irlandaise, seul grand établissement du pays à avoir échappé à une nationalisation, a réussi le mois dernier à attirer des investisseurs étrangers dans son capital. Ces derniers ont versé 1,05 milliard d’euros pour détenir au final une participation de 34,9%, ramenant ainsi celle de l’Etat à 15%. La banque doit céder quelque 10 milliards d’euros de portefeuilles de crédits et la volatilité des marchés n’a pas affecté son programme. «Nous avons plutôt bien avancé sur la vente d’un certain nombre de portefeuilles», a déclaré Richie Boucher, ajoutant qu’il comptait faire des annonces à ce sujet dans les mois qui viennent. Hier, le Wall Street Journal rapportait que Wells Fargo allait racheter le portefeuille de crédits immobiliers commerciaux de Bank of Ireland pour 1,4 milliard de dollars, citant des sources proches du dossier.

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