La Grèce coûtera 850 millions d'euros nets au Crédit Agricole au deuxième trimestre

le 29/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré les pertes d'Emporiki, les effets du plan d'aide à Athènes et des dépréciations comptables, CASA prévoit d'être profitable

Emporiki creuse son trou dans les comptes du Crédit Agricole. CASA, le véhicule coté de la banque verte, a annoncé hier après la clôture de la Bourse de nouvelles charges qui tiennent à la fois compte de la dégradation de la situation de sa filiale grecque et des effets du plan de soutien à Athènes auquel participeront les créanciers privés. Impact total sur le résultat net du groupe: 850 millions d’euros au deuxième trimestre, ce qui ne devrait pas empêcher Crédit Agricole SA de dégager un bénéfice. La publication des comptes est prévue le 25 août.

L'un des foyers de pertes est lié à la prochaine restructuration de la dette souveraine grecque. Ce n’est cependant pas le plus important. L’opération se traduira par une dépréciation de 71 millions d’euros du portefeuille d’obligations d’Etat d’Emporiki. A l’échelle du Crédit Agricole, l’impact du plan de soutien sera «de l’ordre de 150 millions d’euros», y compris la part d'Emporiki, indique la banque. Le groupe affichait fin 2010 une exposition nette directe à la Grèce de 655 millions d’euros, dont 242 millions logés dans le portefeuille bancaire. Mais les dépréciations ont aussi concerné l'exposition nette logée dans les filiales d'assurance, non comprise dans les 655 millions, qui tournerait autour de 400 millions.

Le gros des pertes est cependant imputable à l’aggravation de la situation économique en Grèce. En juin, Emporiki a subi «le ralentissement de l’activité et l’augmentation des coûts de financement liés à la concurrence croissante que se livrent les banques grecques pour la collecte des ressources». Seule bonne nouvelle pour la maison-mère, le refinancement assuré par CASA a diminué d’un milliard par rapport à fin mars.

La filiale constate aussi une hausse de son coût du risque. Il restera inférieur en 2011 à celui de 2010, mais «à un niveau plus élevé qu’anticipé jusque-là». Une conclusion logique vu la teneur des résultats publiés au premier trimestre (L’Agefi Quotidien du 9 mai). Emporiki va enfin déprécier de 53% ses 278 millions d’actifs d’impôts différés à son bilan, qui constituent en fait une créance sur l’Etat.

La perte nette consolidée de la filiale, au deuxième trimestre, sera donc de 451 millions d’euros. Et pour boire le calice jusqu’à la lie, CASA dépréciera l’intégralité de son écart d’acquisition résiduel sur Emporiki, soit 359 millions.

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