La Banque d'Espagne nationalise temporairement la CAM

le 25/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La régulateur a injecté 2,8 milliards d'euros au capital de la caisse d'épargne espagnole qu'il compte revendre d'ici à la fin de l'année

La Banque d'Espagne (BDE) a attendu que les IPO à hauts risques de Bankia et Cívica soient bouclées sur fond de crise de la dette souveraine avant d'annoncer vendredi soir qu'elle nationalisait temporairement Caja del Mediterraneo (CAM) en lui injectant 2,8 milliards d'euros en échange du contrôle de celle qui fut la quatrième plus grande caisse d'épargne espagnole.

La direction a été remplacée par des responsables du fonds public de restructuration du système financier (Frob) «avec comme objectif ultime de la stabiliser, capitaliser et de procéder à sa restructuration», explique la BDE qui espère la revendre au plus offrant d'ici à la fin de l'année.

C'est la troisième caja qui est placée sous sa tutelle depuis le début de la crise, après Caja Castilla La Mancha (2009) et Cajasur (2010), mais de loin la plus grande avec 70 milliards d'euros d'actifs. La CAM avait échoué aux tests de résistance européens il y a une semaine qui avaient décelé un trou potentiel de 947 millions d'euros. Les provisions génériques lui évitent toutefois d'avoir à se recapitaliser, assure la BDE.

Le régulateur est intervenu en entrant au capital d'une nouvelle banque à laquelle la CAM a transféré ses actifs financiers. Il lui a ouvert une ligne de crédit de 3 milliards d'euros afin d'en «assurer la liquidité». Devenue le symbole de la mauvaise gouvernance de certaines cajas assujetties aux pouvoirs politiques locaux, la CAM est fortement exposée au secteur immobilier et affichait un taux d'encours douteux de 8,7% fin 2010.

«Tranquillité» était ce week-end le mot d'ordre du gouvernement espagnol qui cherche à rassurer les 3,3 millions de clients de la CAM et, au-delà, les marchés. La vente de la caisse pourrait être facilitée par un système de protection d'actifs, a-t-on indiqué au ministère espagnol de l'Economie.

Parmi les acheteurs potentiels, attirés notamment par ses 1.000 agences, on compte les banques espagnoles Santander, BBVA, Popular et Sabadell. Le fonds d'investissement américain JC Flowers s'intéresserait également de près à la CAM, surtout avec un tel système de garantie.

On s'attendait à sa nationalisation partielle depuis l'échec, en mars dernier, du projet de fusion avec Cajastur, Canarias et Extremadura. La BDE devrait aussi entrer au capital des cajas Novacaixagalicia, CatalunyaCaixa et Unnim d'ici à septembre mais sans en prendre la direction.

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