JPMorgan surprend Wall Street avec des résultats meilleurs que prévu

le 15/07/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré d’énormes difficultés dans le crédit immobilier, le bénéfice net de la banque est en hausse de 13% et son produit net bancaire de 6%

Photo: Bloomberg

En cette période de grands doutes sur l’environnement macroéconomique, les résultats de JPMorgan on été un véritable ballon d’oxygène pour Wall Street. A la clôture de la séance du 14 juillet, le titre de JPMorgan affichait un gain de 2 % dans un dow Jones en baisse de 0,44%, déprimé par les dernières déclarations de Ben Bernanke au Sénat américain.

Première banque américaine à ouvrir le bal des résultats du second trimestre, JPMorgan a en effet dépassé les attentes des analystes avec un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars en hausse de 13% par rapport à l’an dernier sur la même période. Alors que les analystes tablaient sur un bénéfice 1,21 dollar par action, ce dernier s’est finalement établi à 1,28 dollar.

Le produit net bancaire de la deuxième banque américaine par les actifs est lui aussi en hausse de 7% à 27,4 milliards de dollars. «C’est un chiffre époustouflant» a commenté Michael Holland, président du fonds Holland & Co, pour qui JPMorgan «a placé la barre très haut pour le reste de l’industrie dans un environnement très difficile».

Ces bons résultats sont essentiellement à mettre sur le compte des activités de banque d’investissement dont les revenus sont en hausse de 15%. En revanche, les activités de la banque de détail, elles, sont en recul, et en particulier celles des prêts, en baisse de 7%. Les inquiétudes les plus fortes portent sur l’activité de crédit immobilier dont les pertes ont atteint 2,5 milliards de dollars ce trimestre. « Malheureusement, cela prendra du temps pour résoudre ces problèmes et il est possible que nous devions encore subir de nouvelles pertes dans cette activité» a expliqué le directeur général Jamie Dimon. S’exprimant à propos du marché du crédit immobilier américain, le dirigeant a décrit celui-ci comme un «désastre absolu» et a affiché son intention de réduire de 10 à 15% par an le portefeuille de crédits immobiliers de JP Morgan, aujourd’hui estimé à 154 milliards de dollars.

En revanche, Jamie Dimon ne compte pas se désengager de Grèce, du Portugal, d'’Irlande et d'Italie et d'Espagne où sa banque est exposée aujourd'hui à hauteur de 15 milliards de dollars. «Dans le pire des scénarios, nous perdrions 3 milliards de dollars» a t-il affirmé en expliquant que JPMorgan continuait à être actif en Europe malgré les risques. «J'espère que les Européens apprécient» a t-il rajouté.

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