Les dépôts logés dans les banques grecques ont fondu de 8% depuis le début de l'année

le 28/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Mooyd's estime que les établissements s'exposeraient à une grave pénurie de liquidités si ces dépôts déclinaient de plus de 35%

C'est un autre facteur de risque pour le profil de crédit des banques grecques. D'après les estimations de Moody's, qui se base sur des discussions avec des établissements sous notation et des données publiques, les dépôts de la clientèle du secteur privé ont diminué de 8% depuis janvier. Le mouvement s'est accéléré en mai et juin sur fond de tensions politiques croissantes et d'incertitudes relatives au soutien des créancier internationaux, indique l'agence de notation dans son «Weekly Credit Outlook».

Nondas Nicolaides, analyste senior chez Moody's, précise que la moitié de ce déclin est imputable à la récession, les clients puisant dans leurs dépôts pour compenser la baisse de leurs revenus. «Des déposants, rendus soucieux par la santé financière des banques locales, ont également transféré des fonds à l'étranger et converti leurs dépôts en pièces d'or, tandis que d'autres ont placé leurs liquidités dans des coffres bancaires», poursuit l'analyste.

Une possible aggravation de ce phénomène fait peser «un risque de liquidités majeur sur les banques grecques». «Un déclin des dépôts de plus de 35% - à peu près égal aux actifs liquides du système bancaire consolidé et à la disponibilité de financement de la BCE - sur une courte période de temps, entraînerait une grave crise de liquidités parmi les banques», prévient Nondas Nicolaides.

Le financement de la BCE via des transactions repo, sur lequel se reposent fortement les banques grecques, devrait contribuer à alléger les pressions sur la liquidité, tant que cette méthode reste disponible. «Avec le déclin des dépôts de la clientèle, nous pensons que les banques grecques vont trouver extrêmement difficile de réduire leur dépendance au financement de la BCE, ce qui est pourtant leur objectif principal dans le cadre des plans de financement signés avec la banque centrale grecque», prévient Moody's.

Hier soir, en ouvrant le débat sur le plan d'austérité de 28 milliards d'euros, condition sine qua non au maintien du soutien du FMI et de l'Union européenne, le Premier ministre grec, Georges Papandréou a estimé que ce vote constituait «l'unique chance de la Grèce de se redresser». Le vote doit intervenir mercredi au Parlement.

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