BPCE trouve enfin preneur pour Foncia

le 10/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Bridgepoint et Eurazeo payent plus d'un milliard d'euros pour plus de 80% de son capital

BPCE s’ôte enfin une grosse épine du pied. La vente de sa filiale Foncia aux sociétés de capital-investissement Bridgepoint Capital et Eurazeo semble acquise, pour un peu plus d’un milliard d’euros, dette comprise. Le tandem a coiffé les fonds Advent International et Charterhouse, qui composaient les deuxième et troisième offres déposées auprès de Rothschild, qui conseille BPCE sur cette vente. Si l’information, révélée par Les Echos, n’a pas été officiellement commentée, elle a été confirmée par une source proche.

Le conseil de surveillance de BPCE se réunira le 12 mai, date de la publication des comptes trimestriels du groupe. Il devrait alors officialiser la transaction.

BPCE limite la casse en cédant ainsi le gestionnaire de biens. Il est certain que la banque fera une moins-value dans l’opération par rapport à 2007, puisqu’elle avait acquis Foncia au plus fort du marché immobilier, pour un prix valorisant la société à 1,32 milliard d’euros. Depuis, le groupe a déprécié une partie des survaleurs attachées à cet investissement. La société était valorisée autour de 800 millions dans ses comptes. Le montant payé par Bridgepoint et Eurazeo comprend la reprise d’une dette d’environ 350 millions d’euros.

Malgré tout, il est difficile de considérer que l’établissement dirigé par François Pérol aurait pu obtenir davantage. Le prix consenti par Bridgepoint et Eurazeo a été obtenu en faisant jouer les enchères avec deux autres fonds d’investissement, les homologues de Foncia ayant été écartés à l’issue du premier tour de négociations. Les professionnels de l’immobilier qui se sont intéressés de près ou de loin au dossier (Citya, Altaréa, Promogim…) n’étaient pas capables d'offrir une telle valorisation.

En outre, le secteur avait été marqué par l’affaire Urbania l’année dernière, soulevant des questions sur la propriété de la trésorerie dans l'activité d'administration de biens. Cette mauvaise publicité avait d’ailleurs conduit BPCE à remiser à plus tard sa première tentative pour trouver un acquéreur à l’administrateur de biens.

Ainsi, le prix peut être considéré comme relativement élevé. Le secteur est en effet considéré comme particulièrement difficile: en plus de l’effet de la crise financière, il subit la baisse de ses marges, notamment du fait de la concurrence. En outre, le groupe devrait conserver une participation minoritaire dans le gestionnaire de biens, inférieure à 20%. Il bénéficierait ainsi d’une éventuelle revalorisation de Foncia à l’avenir. Le plan d’affaires établi par BPCE début 2010 à horizon 2013 prévoit en effet une croissance annuelle de 29% de son Ebitda et un résultat net de 72 millions d’euros.

Lentement mais sûrement, BPCE règle ses dossiers en suspens et fait le tri dans ses activités. Il y a un an, la banque avait vendu la Société Marseillaise de Crédit au Crédit du Nord, pour 872 millions d’euros. La Banque Palatine et le Crédit Foncier ont conforté leur présence au sein de l’organisation, alors que leurs cessions avaient été sérieusement envisagées. Il reste à déterminer le sort de la Coface, filiale d’assurance-crédit: son recentrage annoncé en début d’année rend crédible le scénario d’une introduction en Bourse. Reste également à déterminer le sort de Nexity, dont BPCE détient environ 40%.

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