L'Espagne volera au secours de ses caisses

le 29/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les Cajas ont remis hier leurs projets de refinancement. Le fonds public sera mis à contribution.

Banco Base, la troisième plus grande union de caisses d'épargne espagnoles, se tournera finalement vers le fonds public de recapitalisation (Frob) pour capter les 1,45 milliard d'euros dont elle a besoin pour renforcer son niveau de solvabilité. Face à la méfiance des investisseurs, le Frob pourrait être sollicité à hauteur de 6 milliards d'euros sur les 14 milliards nécessaires à la recapitalisation du secteur. Les plans de refinancement soumis à la banque d'Espagne hier seront définitivement approuvés le 28 avril.

Les caisses espagnoles se tournent en plus grand nombre vers le Frob. Huit caisses et groupes de caisses avaient jusqu'à minuit hier pour soumettre à la Banque d'Espagne jusqu'à trois projets de refinancement afin de permettre au secteur de trouver 14 milliards d'euros afin d'atteindre d'ici le 30 septembre les nouveaux ratios de solvabilité introduits cet hiver (entre 8% et 10% des actifs pondérés). Leurs options : sortir en Bourse, ouvrir leur capital à des investisseurs privés (au moins à hauteur de 20% du capital dans ces deux cas) ou faire appel au Frob, le fonds public de recapitalisation du secteur bancaire. Le régulateur n'a pas voulu commenter sur les plans qui lui ont été communiqués hier. Il statuera le 14 avril.

La plus grosse interrogation a cependant été partiellement levée hier autour de Banco Base (124 milliards d'euros d'actifs). Cette dernière fera finalement appel au Frob pour être recapitalisée à hauteur de 1,45 milliard d'euros, a annoncé un porte-parole, en échange d'une nationalisation partielle et temporaire (maximum 5 ans) dont on ignore encore le détail. Ses principaux membres - Cajastur et Caja Mediterraneo (CAM) - étaient divisés quant au projet défendu par la CAM d'une sortie en Bourse. En compensation, celle-ci serait parvenue à s'assurer le maintien de sa part du capital (40%).

Les caisses catalanes regroupées sous l'enseigne Unnim (28,5 milliards d'actifs) ont, elles, communiqué officiellement hier soir deux alternatives encore imprécises envisagées pour trouver 568 millions d'euros : fusionner avec une autre caisse ou un autre groupe, d'une part ; créer une banque qui pourrait être ouverte au capital privé ou recevoir les aides du Frob d'autre part. Unnim n'a pas précisé qui seraient ses partenaires potentiels mais les observateurs espagnols avancent qu'une intégration au groupe Banca Civica offrirait à cette dernière un volume plus adapté à une sortie en Bourse (100 milliards d'euros). Banco Mare Nostrum (71,7 milliards d'euros d'actifs) a lui confirmé qu'il comptait introduire au moins 20% de son capital en Bourse.

Les contacts établis avec les investisseurs depuis l'annonce surprise des nouvelles normes de solvabilité, fin janvier, marqués par la méfiance des marchés, ont refroidi les velléités d'IPO de plusieurs caisses. Celles qui choisiront finalement l'aide publique devront «bancariser» leurs actifs pour que le Frob puisse entrer au capital à travers des participations préférentielles convertibles en actions.

Bankia, le géant consolidé autour de Caja Madrid et Bancaja, maintient le projet d'une IPO d'ici octobre qui «réduirait» ses besoins de recapitalisation jusqu'à 1,7 milliard d'euros. L'opération serait l'une des plus importantes de ce type menée en Espagne depuis près de quatre ans.

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