Les banques irlandaises obtiennent une rallonge sous conditions de la BCE

le 28/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement espère obtenir une nouvelle facilité de crédit de 60 milliards d’euros, sous condition de la poursuite des cessions d’actifs

La BCE augmente la dose de sérum injecté dans les veines des banques irlandaises. Alors qu’ils ont déjà obtenu une nouvelle perfusion de quelque 25 milliards d’euros de la part de l’Etat irlandais pour assurer leur survie, les établissements bancaires du pays sont sur le point d’obtenir une rallonge venant de la Banque Centrale Européenne, via une nouvelle facilité de crédit, selon des sources concordantes. Le nouveau gouvernement espère obtenir 60 milliards d’euros de prêts à moyen terme qui se substitueraient à l’actuel plan de soutien temporaire de la banque centrale irlandaise, l'ELA (Emergency Liquidity Assistance).

Cette nouvelle facilité conçue à l’origine sur mesure pour ces banques en difficulté sur le schéma du programme de rachat d’obligations de la BCE sera ouverte à tous les établissements de la zone euro. Les modalités du prêt, établi au cas par cas et sans date butoir selon Reuters, devraient être annoncées dès cette semaine afin de coïncider avec le résultat de nouveaux stress tests sur les banques irlandaises qui sont attendus jeudi prochain, le 31 mars.

Le Sunday Business Post rapportait ce week-end que les stress tests devraient révéler des besoins en capitaux de l’ordre de 18 à 23 milliards d'euros, soit des montants nettement plus élevés que les 10 milliards anticipés par l’Union européenne, le FMI et la BCE. Le gouvernement irlandais attend les résultats officiels pour obtenir un réajustement des conditions de soutien de ses voisins européens. «Ce que nous disons depuis un certain temps c’est que les conditions doivent être ajustées, en termes de taux d’intérêt, et en fonction des besoins des banques concernées» avait indiqué le premier ministre, Enda Kenny, alors que le ministre de l’Agriculture, Simon Coveney, a confirmé hier la volonté du gouvernement de faire prendre leurs pertes aux détenteurs seniors d’obligations bancaires.

Les banques concernées devront également poursuivre leur programme de cession d’actifs avec un objectif de 90 milliards, qui serviront à réduire le ratio de prêts sur dépôts des banques concernées à 120%, contre 170% aujourd’hui. Et la BCE d’y veiller personnellement, sous peine de se voir retirer son soutien. Fin février, l’encours des prêts à court terme octroyés par la BCE se montait à environ 100 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent ceux de la banque centrale irlandaise de 70 milliards.

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