Les reprises de provisions soutiennent les comptes du Crédit Mutuel

le 17/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'an dernier le groupe a vendu à 52 % de leur valeur des actifs de Lehman Brothers qui étaient provisionnés à 90 %

Une enseigne du Crédit Mutuel à Audierne. Photo: PHB/Agefi

Les résultats des grandes fédérations du Crédit Mutuel (CM10-CIC, Arkéa, Nord Europe) annonçaient la couleur. C’est donc en toute logique que le groupe Crédit Mutuel (qui réunit les 16 fédérations) affiche des comptes 2010 en forte progression: le bénéfice net part du groupe a progressé de 59% par rapport à 2009 et atteint 2,9 milliards d’euros, pour un produit net bancaire (PNB) en hausse de 8,5% (à 14,7 milliards d’euros). L’augmentation de 48% du résultat d’exploitation (à 4,2 milliards) permet au groupe d’afficher un coefficient à 60,8% (-0,9 point).

Les reprises de provisions ont joué un rôle non négligeable. Le Crédit Mutuel a soldé de manière plutôt positive la faillite de Lehman Brothers fin 2008. Au printemps dernier, il a vendu à Morgan Stanley des actifs de la banque américaine à 52% de leur valeur, alors qu’ils avaient été provisionnés à plus de 90%. Sur un nominal de 500 millions d’euros, le groupe en a retiré 260 millions. «Le contrat de vente comprend des clauses de retenues de garanties, précise Alain Fradin, directeur général de la Confédération du Crédit Mutuel. Par prudence, nous les avons provisionnées à 100%, soit 140 millions d’euros. Finalement, la cession de ces actifs a eu un effet positif de 120 millions sur le résultat avant impôt et de 80 millions sur le bénéfice net.»

D’autres reprises ont été effectuées, notamment sur certains grands comptes. Michel Lucas, le président du groupe, n’a pas souhaité communiquer le montant total des reprises; mais elles expliquent en partie le recul d’un tiers du coût du risque (à 1,58 milliard d’euros). L’intégration de Cofidis et de Targo Bank (ex-Citibank Deutschland) a fait grimper le coût du risque dans le crédit à la consommation à partir de 2009.

Par ailleurs, Alain Fradin croit savoir que le Crédit Mutuel sera soumis aux tests européens de résistance cette année, alors qu’il y avait échappé en 2010. Dans le registre de la gouvernance de la confédération, qui a récemment provoqué une polémique avec Arkéa, Michel Lucas estime ne pas avoir outrepassé ses droits en supprimant le poste de vice-président délégué, qui revenait traditionnellement aux Bretons. «Toutes les fédérations seront traitées au même niveau. Je vais nommer au moins trois vice-présidents», a-t-il ajouté, citant, à titre d’exemple, Philippe Vasseur, président du Crédit Mutuel Nord Europe, dont le groupe utilise les systèmes de CM10-CIC, la fédération de Michel Lucas.

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