Alpha Bank repousse l'offre de rachat de National Bank of Greece

le 21/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le mariage entre le premier et le troisième établissements du pays permettrait au nouvel ensemble d'atteindre un ratio de capital de 10,7 %

La consolidation du secteur bancaire grec, qui subit à la fois la crise financière et la crise de la dette souveraine, est en chantier. National Bank of Greece (NBG), le premier établissement prêteur du pays, a déposé vendredi auprès de la Commission des marchés de capitaux une offre publique d’achat (OPA) amicale sur Alpha Bank, le troisième acteur du marché hellène. Les cours des deux groupes ont été suspendus, tandis que le gouvernement se félicitait de l’existence de ces négociations. Mais le conseil d'Alpha Bank a repoussé l'offre vendredi soir.

NBG a soumis sa proposition aux dirigeants d’Alpha Bank le 18 janvier et des négociations exclusives ont démarré le 3 février. Les actionnaires d’Alpha Bank se voyaient proposer 8 actions nouvelles NBG contre 11 de leurs titres, soit un taux de 1 pour 0,727. Cela correspond à une prime de 23% par rapport au cours de clôture d’Alpha Bank au 17 février. Les termes de l’offre donneraient ainsi aux actionnaires historiques de NBG une participation de 71% dans le nouvel ensemble.

«Nous estimons pouvoir dégager entre 550 et 700 millions d’euros de synergies par an grâce à des économies d’échelle dans les services support, l’amélioration des activités internationales, la réduction des coûts administratifs, ainsi que la réduction en coûts du capital», explique NBG dans un communiqué. Selon la banque, la fusion donnerait également un ratio réglementaire de fonds propres purs de 10,7% sur la base des éléments disponibles au 30 septembre 2010. Le ratio de crédits sur dépôts atteindrait 107% et les actifs totaux 200 milliards d’euros, faisant du nouvel ensemble la 27e banque en Europe.

Les deux établissements avaient déjà tenté de se rapprocher il y a une dizaine d’année, mais l’opération avait échoué en raison notamment de conflits entre les dirigeants et de différences de cultures d’entreprises.

Aujourd’hui, la situation catastrophique dans laquelle se trouve le secteur bancaire grec ne laisse guère le choix aux banques locales. NBG et Piraeus Bank ont déjà procédé à des augmentations de capital, tandis qu’EFG Eurobank a entamé un processus de cessions. Cela n’a pourtant pas empêché l’agence de notation Fitch de dégrader, mi-janvier, la note d’émetteur long terme de cinq établissements grecs de «BBB-» à«BB+», assortie d’une perspective négative: NBG, Alpha Bank, EFG Eurobank, Piraeus Bank et Agricultural Bank of Greece.

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