L'IIF s'inquiète des propositions du Comité de Bâle sur la liquidité

le 18/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

D'après le lobby des banques, les propositions actuelles pourraient réduire leur capacité à fournir un certain nombre de services de base

Plutôt de s’attaquer aux effets des politiques non coordonnées et des déséquilibres monétaires macroéconomiques, il serait plus pertinent de traiter le manque actuel de coordination politique». C’est du moins le point de vue de l’International Institute of Finance (IIF), qui a tenu une conférence jeudi à la veille du G20 Finance. L’IIF propose l’idée d’un «grand marchandage» au cours duquel un petit groupe, à mettre en place au niveau des chefs de gouvernement, s’accorderait sur des approches pour traiter les grandes questions économiques et politiques mondiales et effectuer des engagements concrets, avec l’aval du G20. Un processus qui nécessiterait aussi des actions de suivi et correctives.

L’IIF craint par ailleurs les effets du renforcement de la réglementation. «Il y a une préoccupation constante que les réformes actuellement en cours et celles non encore finalisées viennent ralentir la croissance économique et fragmenter davantage le système financier mondial», précise l’institut qui encourage les ministres des Finances du G20 à davantage s’interroger sur les effets macroéconomiques cumulés des réformes.

A propos à Bâle 3, le lobby bancaire international a de sérieuses réserves sur de nombreuses propositions faites, notamment en matière de liquidité. «Les propositions actuelles sur la liquidité, telles qu’actuellement formulées, pourraient réduire la capacité des banques à fournir un certain nombre de services de base, comme les lignes de crédit de back-up, critiques pour les entreprises, ainsi que le financement des municipalités et des activités de commerce international», alerte l’IIF.

Quant au traitement réglementaire des banques systémiques, les «SIFI», l’IIF estime qu’assimiler le risque systémique à un groupe de sociétés identifiées sur des critères statiques et subjectifs ne sera pas efficace. L’association appelle les leaders du G20, d’une part, à se concentrer sur les décisions déjà prises à cet effet, plutôt que de pousser à de nouvelles exigences de capital, et d’autre part à clarifier quels instruments de capital seront utilisés pour satisfaire les différentes strates des exigences en capitaux.  Afin de permettre une sortie ordonnée des institutions financière défaillantes sans recours significatif aux contribuables, l’IFF pousse enfin à la création d’un cadre transfrontalier pour la résolution des crises.

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