BNP Paribas affiche sa sérénité en vue de Bâle 3

le 18/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En réaffectant les deux tiers de ses bénéfices au renforcement de son capital, la banque atteint un ratio de fonds propres durs de 9,2 %

Le niveau des fonds propres des banques françaises, et plus globalement leur degré de préparation aux nouvelles exigences réglementaires, figurent parmi les préoccupations du marché. Sur ce point, BNP Paribas affiche un profil plutôt rassurant à la lumière de ses comptes et de son bilan 2010, publiés hier.

Standard & Poor’s rappelait récemment que les établissements français n’avaient pas compensé le recul de leurs bénéfices en 2007-2009 par des augmentations de capital, ni des cessions massives. Le fait est que la banque dirigée par Baudouin Prot a malgré tout renforcé sa solvabilité: elle a ainsi accru son ratio réglementaire de fonds propres purs (common equity Tier 1, hors titres hybrides) de 1,2 point entre les 31 décembre 2009 et 2010, en le portant à 9,2%.

«L’exercice est marqué par un partage de la valeur ajoutée orienté vers l’impératif de solvabilité et le service à l’économie. Deux tiers de nos bénéfices ont été réinvestis. A 68,5 milliards d’euros, nos fonds propres [capital hybride compris] ont [quasiment] doublé entre 2007 et 2010, souligne le directeur général de l’établissement. BNP Paribas démontre qu’il a les moyens, via sa capacité à générer des résultats, de renforcer sa solvabilité années après années.»

Autre élément rassurant, la banque a réduit ses actifs pondérés du risque de 20 milliards d’euros (-3,3%) en un an. Dont 7 milliards au cours du seul dernier trimestre, en dépit d’une hausse de 11 milliards des actifs pondérés dans la banque de détail au cours de la même période.

La liquidité est l’autre sujet de préoccupation des professionnels – nombre d’entre eux craignant une «guerre des dépôts» à la veille de l’application des règles de Bâle 3. BNP Paribas a augmenté son encours de dépôts de 2%, à 553 milliards d’euros. Ils affichent notamment une progression annuelle de 8,8% au quatrième trimestre en France (à 108 milliards). Baudouin Prot évoque un transfert des Sicav monétaires vers des produits d’épargne de bilan et les dépôts bancaires. Mais, nuance-t-il, «BNP Paribas sera un acteur discipliné dans les pratiques de crédit et de collecte de dépôts».

Outre une base de dépôts jugée «large», BNP Paribas évoque également des conditions d’émission «favorables» sur les marchés. Son programme de financement à moyen et long termes a été fixé à 35 milliards d’euros pour 2011, dont 7 milliards ont déjà été levés depuis le 1er janvier.

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