Outre-Manche les émetteurs doivent se mobiliser seuls contre des commissions bancaires élevées

le 28/01/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les banques britanniques, qui échappent à une enquête formelle pour distorsion de la concurrence, ont selon l’OFT augmenté leurs tarifs depuis la crise

Le jeu de la concurrence n’est pas tout à fait libre sur le marché britannique des commissions versées aux banques par les émetteurs d’actions. Tel est le jugement émis hier par le comité de la concurrence outre-Manche, l’Office of Fair Trading (OFT), à l’issue d’une étude lancée en juin dernier. Mais l’OFT en appelle aux émetteurs et à leurs actionnaires institutionnels pour y mettre bon ordre. Ils seraient bien mieux placés que les régulateurs pour faire pression sur les banques. L’OFT concède d’ailleurs que son étude ne met pas en lumière des pratiques susceptibles de valoir aux teneurs de livres des poursuites formelles. Ce dernier avis est soumis à consultation publique jusqu’au 11 mars prochain.

Le message de l’office de la concurrence est donc clair. Les sociétés émettrices et leurs actionnaires institutionnels doivent se prendre en main pour reprendre de l’autorité face à des banques qui ont tiré parti de la crise pour augmenter leurs tarifs. Elles ont en effet perçu, en 2009, 1,4 milliard de livres de commissions à l’occasion d’émission d’actions par les sociétés membres de l’indice FTSE 350, ce qui correspond à un taux moyen de commission supérieur à 3,0%. Ce dernier s’établissait entre 2,0 et 2,5% entre 2003 et 2007. Si l’OFT reconnaît que cette hausse peut s’expliquer en partie par la volatilité des marchés actions en 2008 et début 2009, il se désole que les commissions n’aient pas par la suite baissé en ligne avec le niveau de risque.

Les banques (JPMorgan, Morgan Stanley et RBS en tête au premier semestre 2010 selon Bloomberg) semblent avoir en réalité, selon l’OFT, profité d’une certaine naïveté de la part de leurs interlocuteurs. Les émetteurs seraient plus soucieux d’autres critères que celui du prix des services bancaires, telles la vitesse d’exécution ou la confidentialité.

L’efficience des marchés de capitaux actions étant «cruciale pour la croissance à long terme de l’économie britannique», selon l’OFT, ce dernier offre des pistes aux émetteurs pour améliorer la concurrence. Ils seraient bien inspirés de réclamer un détail des commissions afin d’en identifier les différents éléments, d’organiser de véritables appels d’offres ou de solliciter les conseils d’actionnaires institutionnels expérimentés, de directeurs non-exécutifs ou de spécialistes externes afin de réduire l’«écart de connaissance» avec les banques.

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