Les banques se résignent à la baisse des commissions sur le Livret A

le 04/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La réduction de 0,1 % devrait être annoncée par décret d'ici à fin 2010 pour permettre aux fonds d'épargne de la CDC de gonfler leurs résultats

Ancêtre du livret A en 1913, photo: PHB/Agefi

Pour les banques, la cause est entendue. La baisse de la commission de 0,6% qu’elles reçoivent pour collecter les encours du Livret A et du Livret de développement durable (LDD) centralisés à la Caisse des dépôts devrait être actée dans les semaines qui viennent, avec un nouveau taux fixé à 0,5%.

«La baisse de 0,1% de la commission de collecte doit être prise par décret d’ici à la fin de l’année pour permettre à la section des fonds d’épargne de la Caisse des dépôts de faire une reprise de provisions sur l’exercice 2010», indique un proche du dossier.

Les fonds d’épargne, qui gèrent la ressource réglementée et financent le logement social, devront contribuer à hauteur de 1,23 milliard d’euros au budget de l’Etat en 2011. Soit une hausse de près de 60% en un an. La section doit donc dégager du résultat.

Une baisse de 0,1% de la rémunération que les fonds d’épargne versent aux banques se traduirait par une économie d’environ 166 millions, et seulement en année pleine. Pour gonfler le résultat 2010 et permettre à l’Etat de prélever sa dîme, une autre solution s’impose: reprendre une partie des provisions que les fonds d’épargne ont constituées afin de couvrir les pertes résultant de certains prêts consentis à un taux inférieur à celui de la ressource Livret A. Le stock de ces provisions approchait 1,36 milliard d’euros à fin 2009. Une diminution du coût de la ressource réduit les pertes futures liées à ces prêts. Encore faut-il que les pouvoirs publics se décident vite.

Le Crédit Agricole s’est déjà ému de ce manque à gagner annoncé. Mais «le front des banques n’est pas uni sur ce dossier», estiment plusieurs banquiers. A cela deux raisons. Si la baisse de la commission pénalise tous les réseaux, les collecteurs historiques – Banque Postale et Ecureuil – seront les plus touchés car ils représentent encore le gros des encours centralisés. Dans les Caisses d’Epargne, par exemple, sur la base de l’encours Livret A et LDD centralisé à fin juin, toute baisse de 0,1% se traduirait par une perte de revenus de 73 millions d’euros.

Les banquiers préfèrent aussi réserver leurs cartouches pour la discussion qui vient de s’engager autour du taux de centralisation du Livret, de 64% dans les faits, et que la Caisse des dépôts souhaiterait fixer à 70%. Un sujet crucial tant la liquidité redevient le nerf de la guerre dans l’industrie bancaire.

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