L'avis de... Guy Barras, directeur au Credit Suisse, responsable du Trade Finance Service Center

« La ville romande offre un service complet »

le 11/03/2010 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi Genève est-elle devenue l’un des pôles mondiaux du négoce ?

Historiquement, le négoce s’est longtemps limité, à Genève, aux secteurs des céréales, du sucre et du coton. Après les chocs pétroliers de 1973 et 1979, et la montée en puissance de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole, NDLR), les pays producteurs se sont affranchis des liens qu’ils maintenaient avec les grandes compagnies pétrolières. Des négociants en pétrole sont apparus et certains d’entre eux se sont installés peu à peu à Genève en raison des bonnes conditions cadres qu’ils y ont trouvées : infrastructures, fiscalité, sécurité juridique et expertise bancaire.

Les banques y trouvent-elles leur compte ?

Oui, car pour une banque, qui se garantit essentiellement sur la valeur de la marchandise, les financements liés aux cargaisons pétrolières représentent un profil de risque acceptable compte tenu de la profondeur du marché et des mécanismes de couverture liés à la volatilité des prix.

Londres est-elle menacée ?

Par rapport à la capitale britannique, Genève offre aux négociants un service complet, allant du financement à l’assurance en passant par l’armement, l’inspection ou les aspects juridiques et fiscaux. Ici, nous faisons du « taylor made » que Londres a de plus en plus de difficultés à réaliser.

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