SwissLife Banque Privée s’appuie sur V.Bank pour sa fusion

le 28/01/2010 L'AGEFI Hebdo

Pour harmoniser ses outils informatiques et gérer deux intégrations, la banque privée a choisi un progiciel modulaire capable de s’adapter à ses problématiques.

Comment une banque privée peut-elle croître harmonieusement ?  En sélectionnant ses acquisitions et en choisissant des outils informatiques adaptés. SwissLife Banque Privée est née de la fusion de la filiale bancaire du groupe SwissLife avec Fideuram Wargny, société de gestion privée acquise en 2007, complétée par l’acquisition fin 2008 d’Arpège Finance. Elle compte ainsi 10.000 clients dont 4.000 sont gérés en direct par une équipe de vingt banquiers privés, les 6.000 clients restants étant suivis par les différents réseaux de SwissLife, commerciaux salariés, conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) et agents généraux. La banque gère ainsi 2 milliards d’euros d’actifs appartenant à ses clients, ainsi que 16 milliards d’euros du groupe SwissLife. Sa particularité tient à la fois à la diversité de ses réseaux de distribution et à celle de son offre qui inclut le conseil juridique et fiscal, la tenue de compte autonome, déléguée ou conseillée, les crédits nantis sur des actifs, ainsi que la garantie de passif dans le cas de la vente d’une entreprise. SwissLife Banque Privée peut ainsi offrir des solutions sur mesure adaptée au profil de ses clients, au-delà d’un million d’euros à investir. Elle fournit également aux CGPI partenaires une plate-forme d’OPCVM en architecture ouverte proposant des services internet.

L’acquisition de deux nouvelles entités répondait à des objectifs multiples, dont le plus important était la croissance. Sur le plan commercial, la banque privée devait faire progresser son activité en s’appuyant sur ses différents réseaux de distribution, mais aussi par l’enrichissement de son offre à destination de la clientèle haut de gamme (plus d’un million d’euros), ce qui nécessite d’être en mesure de traiter des produits complexes. Le groupe souhaitait également accroître de façon significative le produit net bancaire réalisé par l’intermédiaire des conseillers en gestion de patrimoine et de ses propres réseaux de distribution. Enfin, SwissLife Banque Privée devait en plus développer l’équipement de ses clients en crédits, ce qui comprenait à la fois les services classiques liés à la détention de cartes, mais aussi la mise en place de services, comme des lignes de crédit et des autorisations de découverts. Conservation, banque privée, monétique : plusieurs métiers étaient donc concernés.

Une opération en deux étapes

Dans ce contexte, le choix d’un système d’information souple permettant d’unifier les trois outils existants était un enjeu de taille. « Avant la fusion, SwissLife Banque Privée était une petite banque dotée d’un système d’information reposant sur plusieurs modules de V.Bank, le progiciel bancaire de Vivéo, et dont l’activité majeure était la conservation, explique Bertrand Ledoux, directeur général de SwissLife Banque Privée. Avec l’intégration de la banque privée Fideuram Wargny, puis celle d’Arpège Finance, nous avons d’abord défini l’architecture globale de notre système d’information cible, puis rencontré plusieurs éditeurs avant de choisir Vivéo. Une décision prise en mars 2008, qui était l’aboutissement d’une analyse fonctionnelle fondée sur la comparaison des modules de V.Bank par rapport aux fonctionnalités dont nous avions besoin dans notre nouvelle organisation. Comme nous disposions déjà d’un socle, nous avons opté pour l’achat de divers modules permettant d’exercer les nouveaux métiers correspondant à ces acquisitions. »

S’en est suivi un long travail de cadrage et d’analyse de détail, chaque responsable fonctionnel définissant précisément ses besoins. Le tout s’insérant dans une perspective de fusion en deux étapes : avec Fideuram Wargny dans un premier temps, l’échéance étant fixée en février 2009, puis avec Arpège Finance, prévue pour fin octobre 2009.

Pour la première phase, SwissLife Banque Privée acquiert huit modules supplémentaires de la gamme V.Bank pour gérer les comptes à terme, les contrats de service liés à la gestion des cartes bancaires, les moyens de paiement version Sepa, le routage des ordres de Bourse au protocole FIX et les valeurs mobilières, ainsi que les modules système décisionnel, risques et base incidents, réglementaire (pour les reportings financiers et prudentiels). L’équipe informatique s’attèle ensuite au développement d’outils temporaires de programmation servant de passerelles aux données entre les anciens et le nouveau système d’information. Mais à l’issue des tests, les résultats ne sont pas conformes à ce qui était attendu. De nouveaux développements sont alors nécessaires, entraînant un retard de quatre mois sur le planning défini en amont. Malgré ces difficultés, Bertrand Ledoux considère que le projet a été mené de façon satisfaisante : « Le progiciel de Vivéo répond bien à notre besoin de souplesse par sa modularité et par la finesse du paramétrage, notamment en ce qui concerne l’information clients, une activité à valeur ajoutée nécessitant de définir précisément les éléments à mettre en forme, explique-t-il. Nous avons le même objectif concernant la conservation d’actifs : V.Bank permet d’extraire les informations dont nous avons besoin afin d’automatiser les ‘process’. Les produits des autres prestataires n’offraient pas autant de flexibilité ou leurs solutions n’étaient pas suffisamment éprouvées. »

La deuxième intégration, celle d’Arpège Finance, s’est déroulée conformément au planning, de juin à novembre 2009. « La migration était moins complexe en termes de périmètre, note Bertrand Ledoux, et nous avons utilisé les passerelles que nous avions développées pour l’intégration de la Banque privée Fideuram Wargny. Ce fut beaucoup plus facile. » La particularité de cette fusion tient au fait qu’une grande part du système d’information de la société de gestion était externalisée auprès d’un prestataire, ce qui ne correspondait pas à la vision de SwissLife Banque Privée. Cette dernière considère le système d’information comme une source de valeur qu’il faut maîtriser pour être en mesure de développer des services pour l’interne comme pour les clients.

Une économie substantielle

De cette transformation en profondeur de SwissLife Banque Privée, Bertrand Ledoux tire un bilan positif : « Le coût des fusions s’est élevé à 1 million d’euros, mais nous permettra de réaliser 2 millions d’euros d’économies en 2010. Ce qui est conforme à nos objectifs. La solution retenue nous convient bien et nous rend capables de développer de nouveaux services et de nouveaux canaux de distribution. » Les équipes informatiques de SwissLife Banque Privée réfléchissent désormais à automatiser encore plus les process et à rénover le système d’information de contrôle de gestion, ce qui nécessitera des développements afin de suivre les diverses activités et les indicateurs correspondants. « La difficulté est que nous travaillons avec plusieurs canaux de distribution, et qu’à chacun s’appliquent des produits, des tarifs et des commissions différents », expose Bertrand Ledoux. Un nouveau projet qui devrait s’étaler sur plusieurs mois.

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