Société Générale déploie un progiciel unique pour sa filiale chinoise

le 11/03/2010 L'AGEFI Hebdo

La banque a élaboré un nouveau système d’information, en grande partie supporté par la solution Finacle de l’éditeur indien Infosys.

Il était important d’aller vite, avec une solution informatique intégrée, déclare Pierre Bonzom, directeur général en charge de la banque de détail pour la Société Générale en Chine. Considérant l’importance du marché chinois, nous pensons devenir une grande banque avec d’importants volumes de transactions à gérer. » Pour se donner les moyens de ses ambitions, la Société Générale a donc décidé de recourir à la plate-forme Finacle de l’éditeur indien Infosys pour son nouveau système d’information. Opérationnel depuis octobre 2009, celui-ci est bâti autour de différents modules fournis par Finacle. « Nous avons sélectionné les modules permettant de gérer l’ensemble des produits bancaires pour nos quatre métiers, à savoir le crédit à la consommation, la banque de détail pour les particuliers et les entreprises, la banque de financement et d’investissement (BFI) et la banque privée, détaille Eric Hautefeuille, directeur administratif de la Société Générale Chine et en charge du projet technique. Nous avons également retenu les solutions de gestion de la relation client (CRM) ainsi que l’internet transactionnel pour les particuliers. »

Enfin, Société Générale Chine utilise un autre module ou, plus précisément, son interface pour communiquer avec le logiciel de gestion de trésorerie maison développé en interne et qui a été conservé. Des développements spécifiques ont été effectués pour produire des reportings suivant les spécificités locales.

Le choix de Finacle a été arrêté au terme d’un appel d’offres qui s’est déroulé au cours du premier semestre 2008. Une démarche consécutive à la décision de la Société Générale de diversifier ses activités en Chine continentale. « Nous y sommes présents depuis 1981, mais uniquement pour la banque de financement et d’investissement. En 2007, nous avons décidé d’élargir notre offre », souligne Pierre Bonzom. En août 2008, les autorités chinoises accordent l’autorisation de la création d’une filiale 100 % Société Générale pour exercer les métiers de BFI, de banque de détail, de banque privée et de crédit à la consommation. « Nous sommes une des rares filiales à l’étranger dans ce cas, souligne Pierre Bonzom. Or, notre système d’information existant était capable de traiter un nombre limité d’opérations pour la BFI, mais ne permettait pas de traiter les offres de la nouvelle filiale. »

Un choix d’ordre fonctionnel

Plutôt que des critères de prix, le choix a été orienté en termes de fonctionnalités. « Bien que présentant quelques hétérogénéités au niveau technologique, Finacle offrait l’avantage d’être très complet au niveau fonctionnel et assurait un bon support, notamment sur les produits d’investissement comme l’assurance vie, les trusts, les fonds structurés », explique Eric Hautefeuille.

Mais, au-delà de considérations purement techniques, Société Générale a opté pour un éditeur asiatique, ayant une bonne connaissance du marché chinois. De fait, Finacle compte déjà six grandes banques clientes en Chine. Comme pour tous les pays, le marché chinois présente de nombreuses particularités à prendre en compte. Ainsi, les demandes des particuliers sont assez sophistiquées. Par exemple, les dépôts structurés sont très courants en Chine, alors que dans les pays occidentaux, ils relèvent plutôt d’une clientèle haut de gamme, gérée au sein de la banque privée. Surtout, les exigences du régulateur chinois sont élevées. « Par exemple, avant l’obtention d’une licence spécifique au cours du dernier trimestre 2009, il ne nous était pas possible de faire des opérations en monnaie locale avec les particuliers chinois », illustre Pierre Bonzom. Autre contrainte réglementaire, la localisation en Chine des serveurs et des données des clients est obligatoire, sans quoi il n’est pas possible d’obtenir les licences pour l’internet transactionnel ou les cartes de crédit par exemple. Une réglementation somme toute pas très différente de ce qui existe en Europe. « Le régulateur vient régulièrement auditer notre système et publier des directives concernant les sauvegardes, la sécurité. Pour les services accessibles via internet, il nous faut, en outre, un audit externe. Quant aux cartes de crédit, pour lesquelles nous n’avons pas encore la licence, un nouvel audit sera nécessaire », détaille Eric Hautefeuille.

Avant la décision d’étoffer son activité, le système d’information de la Société Générale en Chine était hébergé dans un centre de données à Hong-Kong. Lors de la création de la nouvelle filiale, un autre centre de données a été créé à Pékin pour abriter les applications périphériques telles que la gestion des automates bancaires ou loger les applications d’infrastructure comme la messagerie. « Nous utilisons seulement 30 % de la capacité pour le moment, mais il est dimensionné pour 150.000 clients à horizon de trois ans », explique Eric Hautefeuille. Basé sur des serveurs Unix, son architecture est très stable et très évolutive. Elle a été prévue pour une durée de 5 ans.

Un déploiement rapide

Débuté en septembre 2008, le déploiement proprement dit de Finacle a duré 13 mois, une durée relativement courte pour un projet de ce type. « De septembre à décembre 2008, nous avons mis en place des ateliers pour une prise de connaissance générale, puis par zones fonctionnelles (comptabilité, produits de financement…) », se souvient Pierre Bonzom. Puis, les gens d’Infosys ont préparé une version préparamétrée, pendant que les équipes de la Société Générale édictaient des spécifications pour les besoins non couverts par Finacle, notamment les aspects liés au reporting et les interfaces de développement pour les systèmes périphériques. Ensuite a commencé la phase de test. En parallèle, une équipe pour la conduite du changement a commencé à travailler pour former les responsables qui initieront eux-mêmes les utilisateurs finaux.

Quatre répétitions ont eu lieu dont la dernière s’est tenue en septembre 2009. La migration sur la nouvelle plate-forme a débuté le vendredi 16 octobre au soir et s’est terminée le dimanche soir. « Pour les clients, cela a été transparent, car nous avons activé progressivement les nouveaux produits, au fur et mesure de leur disponibilité. Ce qui a vraiment changé, c’est la partie internet », relate Pierre Bonzom. Pendant la phase de transition, la Société Générale a proposé des produits très simples, car le système d’information existant n’était pas conçu pour la banque de détail, par exemple, et nécessitait beaucoup d’écritures comptables avec des possibilités d’automatisation relativement réduites.

Pour l’instant Société Générale Chine compte 3.000 clients, entreprises et particuliers, « l’activité n’ayant réellement débuté qu’au début 2009 », relativise Pierre Bonzom. Elle compte sept agences dans cinq villes, car la réglementation chinoise n’autorise qu’une nouvelle implantation en ville par an. Et, dans la pratique, il faut six mois pour obtenir toutes les pièces nécessaires à l’ouverture d’une agence. En termes d’informatiques, les projets de développement sont nombreux : « Nous allons mettre en place le cash pooling sur internet pour les entreprises et l’internet transactionnel pour les particuliers », conclut Eric Hautefeuille.

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