Rationaliser son informatique métier grâce aux outils d’intégration

le 25/02/2010 L'AGEFI Hebdo

Différentes plates-formes dédiées peuvent y contribuer, le choix dépend de l’objectif recherché. Deux exemples chez BNP Paribas.

La multiplication des applications dédiées à la gestion de divers produits et la juxtaposition de diverses bases de données conduisent les établissements financiers à rationaliser leurs systèmes d’information. Le but : faire communiquer les applications de façon fiable et rapide. Cette démarche d’urbanisation peut s’appuyer sur plusieurs solutions techniques. BNP Paribas, par exemple, s’est équipée des solutions de différents éditeurs pour résoudre des problématiques d’intégration au sein de sa filiale assurance et de la banque de détail.

Premier cas, BNP Paribas Assurance s’est beaucoup développé, fusionnant plusieurs compagnies d’assurance vie et d’assurance dommages, tout en conservant différents canaux de distribution. En 2007 s’est posée la question d’installer un bus applicatif, une solution permettant de faciliter les échanges de données entre applications. « Nous souhaitions généraliser l’usage d’un outil industrialisé qui fluidifie les échanges interapplicatifs, expose Philippe Renault, directeur des systèmes d’information de BNP Paribas Assurance. Nous avons réalisé une étude de marché et regardé quels produits avaient été sélectionnés au sein du groupe, avant d’opter pour Informatica, car nous étions déjà équipés de son moteur ETL (‘extract, transform, load’) qui servait à alimenter notre base de données décisionnelle. Comme nous souhaitions concentrer la connaissance des outils, nous avons décidé de faire de la plate-forme une couche transversale qui nous permette d’améliorer notre maîtrise du système d’information, tout en augmentant sa performance et sa flexibilité. C’est ainsi qu’Informatica, couplé au moteur d’échanges de Tibco, en est devenu un des composants incontournables. »

Quelques mois ont d’abord été consacrés à la qualification et à l’industrialisation afin de paramétrer l’outil et de définir les bonnes pratiques correspondantes en vue d’obtenir une version bien cadrée en phase avec les objectifs du projet. La mise en place de la plate-forme repose sur un découplage fonctionnel et technique : les flux de données sont normalisés selon des formats pivots pour chaque objet (par exemple, le contrat ou la prime appelée). La structure du pivot est indépendante des applications émettrices ou réceptrices si bien que, quelle que soit la destination des données, celles-ci sont mises au format pivot puis conduites et injectées dans l’application réceptrice qui est capable de les traiter dans son propre format. Le routage des données est assuré par la plate-forme qui devient l’interlocuteur central de toutes les applications, agissant comme un ‘hub’ logistique.

Un interlocuteur central

Après quelques mois de production et une montée en charge progressive, Philippe Renault mesure les bénéfices de cette nouvelle architecture : « Nous y avons gagné en agilité, souligne-t-il. La solution Informatica peut s’interfacer avec de nombreux systèmes d’information différents, anciens et nouveaux, elle redonne de la fluidité entre des applications qui ne sont pas construites avec la même technologie et permet des gains de productivité sur le développement des flux interapplicatifs. Indirectement, elle a permis d’améliorer la qualité de service de l’informatique en réduisant le délai d’intégration dans le système d’information des nouveaux développements. »Une évolution nécessaire pour BNP Paribas Assurance dont près de 60 % du chiffre d’affaires vient de la banque de détail BNP Paribas, ce qui exige rapidité et adaptabilité pour répondre aux besoins du distributeur.

Autre exemple au sein du même groupe : le progiciel Axway a été sélectionné pour harmoniser les procédures et l’organisation comptable des métiers bancaires dont chacun, avant ce projet, possédait son système comptable propre. BNP Paribas a décidé d’industrialiser l’organisation comptable afin d’instaurer une cohérence des procédures et des processus autour d’un même système. L’objectif étant de gagner en réactivité lors des évolutions réglementaires fréquentes et d’obtenir une interprétation homogène des données issues des systèmes bancaires. A terme, la banque vise une représentation claire et approfondie de toute son activité. « L’harmonisation permet de mettre en œuvre une comptabilité de gestion homogénéisée et partagée », souligne ainsiCorinne Fize, responsable du département technologies et processus de BNP Paribas.

Robustesse

L’ampleur de ce projet d’harmonisation comptable s’étend au-delà de la France et de la banque de détail stricto sensu. Le périmètre inclut en outre le pôle de services financiers, BNP Paribas Personal Finance, où l’intégration se poursuit en 2010, BNL qui doit basculer en 2011 et pour laquelle le reporting réglementaire aux autorités italiennes est plus complexe qu’en France, et Fortis chez qui le déploiement doit s’opérer en deux temps : les opérations de marché pour fin 2011 et la banque de détail courant 2012.

Pour mener à bien ce projet, la banque souhaite capitaliser sur l’existant, Bacsar, une solution de rapprochement comptabilité-gestion capable de gérer plusieurs métiers, plusieurs filiales et diverses normes, et permettant d’agréger ces multiples données tout en conservant des systèmes d’information organisés par filiales. Surtout, elle est en mesure de traiter de gros volumes puisqu’elle consolide 60 % des actifs de la banque de détail France, soit 200 millions de lignes de solde.

C’est ainsi que la banque retient l’EAI (enterprise application integration) d’Axway, filiale de Sopra, en tant que fournisseur d’une couche d’interprétation entre les métiers et la comptabilité. La plate-forme comprend SAI pour Synchrony Accounting Integrator, l’ancien RDJ Manager pour Règles du jeu, un moteur de règles reconnu comme un standard de l’interprétation comptable, sur lequel se connectent EWS, un module de saisie manuelle d’opérations permettant de corriger les anomalies (rejets d’interprétation comptable), ainsi que Sentinel, la brique de supervision des traitements. « L’avantage d’Axway est qu’il permet de traiter d’importants volumes d’opérations, ce qui est primordial puisque notre système d’information doit traiter 30 millions d’événements par jour,expose Corinne Fize. Par ailleurs, son déploiement et son paramétrage sont souples et surtout, l’outil est fiable. » Les opérations métiers sont ainsi injectées dans le moteur de règles qui les interprète et fournit la traduction comptable au système de synthèse de la comptabilité et de la gestion.

Quant aux difficultés à surmonter, elles sont bien identifiées : « Elles se posent lors des montées de version qui sont obligatoires pour conserver de bonnes performances, mais tous les développements spécifiques réalisés doivent être vérifiés afin d’éviter qu’ils ne soient altérés par ces changements de version, conclut Corinne Fize. Mais le Club utilisateurs, dont nous faisons partie, a permis d’inclure les développements spécifiques en natif dans les nouvelles versions, ce qui facilite les montées en version et nous permet d’avoir une solution technique très bien adaptée à nos besoins. »

A lire aussi