Opération record pour Natixis

le 07/10/2010 L'AGEFI Hebdo

Natixis a cédé fin juin son « livre de corrélations » de crédits. Une transaction discrète mais réussie sur le segment des « dérivés complexes de crédits », bientôt soumis à un renforcement des exigences prudentielles. Le portefeuille cédé est constitué de positions « longues et courtes » de protections CDS (credit default swaps), dont la banque d’investissement du groupe BPCE souhaitait se séparer. Elle a « nettoyé » ce portefeuille pendant un an et demi, avant d’en transférer à son acheteur le risque de marché via un système de « CDS miroirs » (et petit à petit la totalité du livre dans les mois qui viennent) évalué à plus de 8,5 milliards d’euros en valeur pondérée. Natixis conserve le risque lié à la « contrepartie CDPC », ces credit derivatives product companies qui faisaient face à des positions courtes mais sont, avec tous les défauts liés à la crise, potentiellement insolvables même pour les positions « positives » des investisseurs.

L’acheteur (a priori Morgan Stanley) trouve ici un intérêt en se renforçant sur un marché des CDS qui se concentre, et en achetant, avec sans doute une légère décote sur la valeur inscrite au trading book, des positions qui laissent entrevoir des plus-values tout en venant couvrir certaines de ses propres positions, donc avec un nouveau risque non proportionnel.

Ce « livre de corrélations » constituait une partie non couverte par la garantie BPCE au sein de la structure dédiée l’an dernier aux « portefeuilles cantonnés ». Parmi les autres « livres » non couverts, l’équipe de GAPC (Gestion active des portefeuille cantonnés) dirigée par Olivier Perquel a aussi liquidé au premier semestre l’essentiel de ses portefeuilles de convertibles, de dérivés actions à risques et de « structurés de hedge funds ». Il y reste un portefeuille de dérivés de taux, « problématique dans toutes les banques », note un analyste. Restent par ailleurs dans la GAPC les « crédits structurés » objets de la garantie de BPCE, dont certains peuvent faire l’objet de cessions ligne par ligne quand se présentent des opportunités.

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