L'avis de... Jordi Fabregat, professeur associé de l'Esade, Department of Financial Management and Control

« Nous pouvons nous attendre à une deuxième vague de fusions »

le 10/06/2010 L'AGEFI Hebdo

Le « système institutionnel de protection » (SIP) est-il le bon instrument de fusion ?

Il a permis de débloquer le secteur, mais l’argent du Fonds de restructuration (Frob) doit normalement être distribué en échange d’une réduction des coûts, qui est beaucoup plus aisée dans un cadre traditionnel. Nous ignorons encore si les « fusions froides » permettront des baisses de coûts car il n’y a pas de précédent en Espagne. Je ne suis pas sûr qu’elles apportent une solution définitive. Nous assisterons peut-être d’ici deux ou trois ans à une nouvelle vague de fusions.

Certaines caisses jugent le taux du Frob (7,75 %) élevé...

Cela les poussera à opérer de véritables réductions de coûts, sur la base d’un plan qui doit être accepté par la Banque d’Espagne. Ce fonds est d’ailleurs une façon pour les techniciens du régulateur « d’entrer » dans les caisses et de pouvoir étudier leurs comptes en détail. Nous ne découvrirons que dans les prochains mois l’ampleur des pertes de certaines caisses. Mais je ne pense pas que le Frob soit sollicité jusqu’au maximum de ses ressources (99 milliards d’euros).

Le SIP pourrait-il masquer une privatisation de fait des caisses ?

En tant que technicien, la privatisation ne m’inquiète pas car aujourd’hui, ce sont les politiques qui influencent souvent leurs opérations. Les caisses doivent en tout cas adopter une forme juridique qui leur permette de croître. Aujourd’hui, certaines sont vraiment trop petites. Elles pourraient soit émettre des parts de capital accompagnées de droits de vote (l’option négociée par le gouvernement, NDLR), soit suivre la « voie italienne » avec la création d’une banque s’occupant du cœur de l’activité financière tandis que la caisse chapeaute les œuvres sociales.

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