Moneo tente de sortir de l’ombre en devenant multiapplicatif

le 20/05/2010 L'AGEFI Hebdo

En intégrant de nouveaux supports, le porte-monnaie électronique multiplie les applications et les réseaux d’acceptation.

Moneo n’a pas disparu. Depuis 2005, le porte-monnaie électronique s’est relancé, privilégiant l’innovation technologique pour les paiements jusqu’à 30 euros et l’intégration dans des bouquets de services de plus en plus riches. « De l’idée originelle du porte-monnaie électronique, Moneo a muté pour devenir un ‘pass’ numérique pour la vie quotidienne », souligne Olivier Méric, directeur général de BMS Moneo (Billettique Monétique Services), la société exploitante. Moneo compte aujourd’hui deux millions d’utilisateurs actifs réalisant 1,2 million de paiements hebdomadaires et constitue ainsi l’un des premiers supports multiapplicatifs. Il a, par exemple, été adopté par 21 Crous (centres régionaux des œuvres universitaires) pour régler les repas dans les restaurants universitaires. 1,5 million d’étudiants en sont équipés, soit plus de 60 % des étudiants en France. Mais ce n’est pas son seul usage. Moneo s’adapte aux souhaits des partenaires de chaque projet : à Strasbourg, notamment, le Pass Campus Alsace, pourvu de la photo du porteur, remplace la carte d’étudiant, le badge d’accès, la carte de bibliothèque, de photocopies, il permet l’accès aux activités sportives de l’université et c’est aussi une carte de bus et tramway utilisable dans l’agglomération strasbourgeoise.

70 villes partenaires

Outre cette collaboration désormais bien établie avec le monde universitaire, BMS Moneo travaille aussi pour les villes et les collectivités locales : près de 70 villes, dont Paris, proposent de payer le stationnement avec Moneo, ce réseau d’acceptation comprend 19.000 horodateurs, la moitié des machines installées en France. Au-delà du stationnement, chaque métropole a choisi les fonctionnalités qui lui conviennent : accès à la restauration scolaire, aux piscines, patinoires, musées et médiathèques municipaux, transports publics, location de vélos… Et pour les agents municipaux, la carte Moneo peut aussi servir de badge d’accès aux locaux et de moyen de gestion du temps de travail (et de même, au sein des entreprises privées pour leurs salariés).

En parallèle, BMS Moneo a bâti des passerelles avec les entreprises de distribution automatique, devenant même membre de la Chambre syndicale de la distribution automatique. Le porte-monnaie électronique est ainsi accepté sur 10.000 automates proposant des boissons et friandises, l’affranchissement de courrier (La Poste), des billets de transport (SNCF), le paiement en laveries automatiques et dans les cabines téléphoniques qui servent également à son rechargement.

Enfin, le réseau d’acceptation comprend une quinzaine d’enseignes de restauration rapide, sandwicheries, marchands de journaux, un fleuriste et les marques du groupe Les Mousquetaires. L’une d’entre elles, Relay, teste également auprès de 500 clients habituels du quartier de La Défense à Paris son programme de fidélité en inclusion dans la carte.

Cap sur les objets communicants

Progressivement, Moneo a donc créé son propre marché et enrichi son expérience : « Avec la mise en place de nombreux partenariats, nous sommes aguerris aux négociations qui permettent de définir la contribution de chaque participant et d’établir la gouvernance du support, explique Olivier Méric. Nous avons trois grandes compétences : la gestion des bouquets de services dont le paiement est l’une des briques, la sécurité du système garantissant l’étanchéité des données des partenaires, et la recherche et développement sur de nouveaux supports ou de nouveaux modes de paiement. » Car Moneo n’est plus seulement une carte, avec ou sans contact, il existe aussi sous forme de clé USB permettant une utilisation sur ordinateur sans nécessité d’être équipé d’un lecteur de carte connecté, et fonctionne également sur téléphone mobile, comme à Bordeaux ou à Nice. Il peut être inclus dans pratiquement n’importe quel objet, comme le mini-Nabaztag (photo). Cette dernière nouveauté, qui devrait être commercialisée à Noël, s’inscrit dans le cadre du projet Altess (Acceptation en ligne de transactions électroniques sécurisées sans contact) qui vise à permettre l’acceptation de paiements sans contact sur internet ou en magasins avec un simple lecteur à installer sur la caisse. Enfin, deux plates-formes internet de micro-paiement fonctionnent d’ores et déjà, avec un lecteur de carte : Mo-Net de TV-Card et e-Moneo développée par Atos Worldline. Moneo compte sur l’économie numérique pour sortir de l’ombre.

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