L'avis de... Giulio Tagliavini, professeur d’économie des intermédiaires financiers à l’université de Parme

« L’intrusion de la politique constitue un danger pour la stabilité des banques »

le 14/10/2010 L'AGEFI Hebdo

Que sont les fondations bancaires ?

Les fondations sont des institutions hybrides à la fois à caractère privé, puisqu’elles sont propriétaires d’elles-mêmes, et public puisque leurs administrateurs sont désignés en partie par les élus locaux, du fait qu’elles gèrent des patrimoines constitués au fil des décennies à travers des banques publiques, notamment les caisses d’épargne.

Quel rôle ont joué les fondations dans le système bancaire italien ?

Elles ont accompagné la privatisation des banques italiennes, où elles possèdent encore d’importantes participations. Elles ont eu le mérite d’éloigner la politique de leur gestion en consentant l’incorporation des banques locales. Elles ont ainsi permis la création de banques nationales fortes, telles Intesa Sanpaolo et UniCredit.

Ont-elles une influence directe sur la gestion des banques ?

Individuellement, leur participation a baissé au sein des banques mais, en s’alliant entre elles, elles ont pu maintenir un certain pouvoir, leur consentant d’avoir une position de commandement. Or, la gouvernance même des fondations, encore très liées au territoire et au pouvoir local, rend les banques vulnérables. On l’a vu avec la victoire de la Ligue du Nord (LN) aux dernières élections locales. Ce mouvement politique est intervenu pour la première fois sur des questions bancaires. Le maire (LN) de Vérone Falvio Tosi a critiqué ouvertement la montée des actionnaires libyens au capital d’UniCredit. S’il était fondé à prendre la défense des fondations, cette intrusion constitue néanmoins un danger pour la stabilité des banques.

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