Entretien avec... Cyril Gay Belan, associé au sein du cabinet Oliver Wyman

« L’exemple français est considéré comme une référence »

le 11/03/2010 L'AGEFI Hebdo

Quels sont les leviers des bancassureurs pour alléger leurs besoins en fonds propres ?

Il y en a plusieurs : changer le mix produits ou le mix clients en faveur de produits et segments plus rentables, concevoir des produits moins consommateurs en capital en faisant évoluer les garanties offertes, réduire le risque pris dans la politique d’investissement, transférer une partie des risques par la réassurance ou la titrisation. Tous les acteurs ont engagé des réflexions pour identifier l’alternative la plus créatrice de valeur. Celles-ci peuvent mener à des choix plus drastiques, comme celui de Barclays qui a vendu son activité d’assurance vie pour se concentrer sur la distribution de produits.

La bancassurance connaît-elle le même succès en Europe ?

En Europe, l’assurance vie a été pleinement intégrée par la plupart des bancassureurs qui dans de nombreux marchés, à l’instar de la France, ont réussi à s’y imposer. En revanche, l’assurance dommage a été jusqu’à présent moins au cœur de la stratégie des banques. On retrouve ainsi peu de modèles intégrés de bancassurance en dommages, mais plutôt des partenariats. Pourtant, l’exemple français du modèle intégré s’est avéré particulièrement gagnant en se caractérisant par une proposition de valeur différente de celles plus classiques d’agents généraux ou de courtage. Il est souvent considéré comme une référence par les bancassureurs européens.

Quel regard portez-vous sur l’arrivée de La Banque Postale en assurance dommages ?

Sa grande force est d’avoir une base de client très importante et de disposer d’un maillage conséquent du territoire. Elle va donc prendre une place dans le paysage et des parts de marché. Toutefois, il est souvent compliqué d’ancrer une culture de bancassurance dommages au sein d’un réseau bancaire. La clé du succès réside dans la capacité des forces de vente à distribuer de l’assurance dommages. De fait, La Banque Postale va commencer par une commercialisation via les canaux à distance. Quand elle basculera dans une logique multicanal, elle réussira certainement à trouver sa place. La Banque Postale a donc des armes intéressantes mais son développement ne se fera pas du jour au lendemain.

A lire aussi